Fat Supper – ‘Academic Sausage’

Album / Les Disques Normal / 05.02.2015
Road trip

Fat Supper, c’est un peu comme une bagnole de collection: tu mets le contact, ça tousse fébrilement, tu sers les fesses en ne sachant pas combien de temps le plaisir va durer puis, une fois la vitesse de croisière atteinte, tu en apprécies sereinement le confort. Cette vitesse de croisière, les rennais l’atteignent incontestablement à l’écoute de ce ‘Academic Sausage’, un deuxième album qui fait suite à un premier (évidemment…) ainsi qu’à un Ep qui, il y a un an, voyait déjà le groupe sérieusement tracer sa route. Ses influences blues, noise, pop, et math rock sont toujours là, désormais nettement plus affinées et digérées, aidées par une expérience grandissante de la scène qui finit de les confondre en un résultat des plus homogènes, parfaitement huilé, compact même si l’on en croit les évidents resserrages de boulons effectués depuis ‘Flat Supper‘. Quelques titres de ce nouvel album, hérités des précédentes sorties et rénovés pour l’occasion (l’excellent ‘Surrogate’ au blues épaissi, et ‘Basement’ mille fois plus abouti), attestent d’ailleurs du chemin parcouru par un quatuor qui a manifestement pris du coffre, et qui peut compter sans modération sur la somme de ses talents pour emmener bien loin ses compositions, parfois malgré d’incessants changements de direction (‘Narvana’). Solide rythmiquement (‘Smell’), poussé par deux guitares partagées entre impulsions bruitistes et discrètes coutures mélodiques (‘Clutter’, ‘Butter Bed’), porté à chaque instant par la voix de crooner enfumée d’un Léo Prud’homme assez libre et versatile pour aller jusqu’à taquiner le hip hop sans faillir (‘Smell’, ‘Oddbox’), ‘Academic Sausage’ est un bolide rare qui ne transporte l’auditeur qu’à travers des paysages mémorables, qu’ils soient beaux ou accidentés. C’est sûr, ces casse-cous n’ont pas fini de rouler des mécaniques.

‘Smell’, ‘Surrogate’, ‘Butter Bed’

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