Eels – « End Times »

eels180Album
(Vagrant)
18/01/2010
Thérapie folk

Quelle mouche a donc piqué Mark Oliver Everett pour qu’il ressorte un huitième album seulement sept mois après un « Hombre Lobo » parvenant sans mal à traverser le temps? Un délai jamais vu dans sa discographie, trop court pour que « End Times » augure d’un changement radical par rapport à son prédécesseur. Bingo, Eels repart sur les mêmes bases qu’en 2009 en privilégiant, durant ces quatorze titres, l’ambiance intimiste et mélancolique qui sublimait déjà à plusieurs reprises un précédent opus également partagé entre pop et garage rock. Cette fois, le songwritter semble ouvrir les ultimes portes de son for intérieur et mettre à nu une sensibilité qu’il tentait encore de dissimuler l’an passé. Ainsi, dés que sonnent les chauds arpèges de sa guitare et ses intonations mélancoliques, enregistrées chez lui sur son 4-pistes et dotées d’arrangements minimalistes, Everett vous flanque des frissons, vous broie les tripes en déballant en toute simplicité ses sentiments de trentenaire bien tassé, aujourd’hui séparé d’un amour perdu. Inévitablement, la solitude, la dépression, et une rage bien enfouie planent donc constamment au dessus de ce « End Times ». Essentiellement acoustique à l’exception de « Unhinged » ou des rockabilly « Gone Man » et « Paradise Blues », ce disque frappe par un paradoxe déstabilisant: celui d’être musicalement le plus brillant quand E y pose ses textes les plus sombres. Ainsi, « The Beginning », « In My Younger Days », « Little Bird », « Nowadays », « I Need a Mother », et « A Line In The Dirt », qui forment tous la colonne vertébrale de cet album, vous font longtemps hésiter entre larmes et sourires d’admiration. Comme si Mark Oliver Everett, peut être le Dylan du 21ème siècle, comptait rappeler qu’il a déjà connu plus rudes épreuves, et qu’il se relèvera également de celle-ci. Authentique.

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