Earl Sweatshirt – ‘I Don’t Like Shit, I Don’t Go Outside’

Album / Columbia / 23.03.2015
Hip hop

Sorti au beau milieu d’un maelstrom d’albums attendus, ‘I Don’t Like Shit, I Don’t Go Outside’ avait des allures de petit Poucet face aux machines de guerre que sont Action Bronson et Kendrick Lamar. Pourtant, une fois le tout digéré, et lorsque l’on revient de l’ambition parfois un peu forcée du rappeur de Compton et de la semi-déception de ‘Mr.Wonderful‘, c’est bien le deuxième opus solo d’Earl Sweatshirt qui l’emporte, en dépit d’une apparente simplicité et d’un titre nihiliste qui nous invite à passer notre chemin. Il faut dire que, depuis ‘Doris‘, le jeune minet fait des angles morts et des zones troubles son terrain de jeu: un aplat noirâtre où peuvent s’épancher mille et une pensées mises en forme par une plume toujours consistante, et toujours plus éloignée des pitreries trash dont lui et sa meute se sont faits maîtres. Dans la droite lignée de son aîné, ce deuxième album se révèle encore plus personnel: sur les dix productions qu’il aligne, neuf sont signées de sa patte, tandis que les featurings se font plus épars que jamais.

Pas de doute, en 2015, Earl se veut seul aux commandes. Rien d’étonnant d’ailleurs à ce qu’il parle de ‘I Don’t Like Shit, I Don’t Go Outside’ comme son travail le plus intimiste, et par conséquent qu’il rentre dans une colère noire contre son label, responsable d’un cinglant foirage pour la sortie de l’album. Sur des instrus qui peuvent sembler bancales dans un premier temps, Earl Sweatshirt compose des productions aussi belles que plombantes qui, par bribes, évoquent Madlib et le RZA de la grande époque. Au sein de cet écrin faussement naïf, la plume amère et lucide du jeune rappeur raconte la célébrité et ses déboires, sa grand-mère et ses envies de solitude, dans un esprit où se mélangent le gris et le noir. Exercice personnel brillamment réussi, ‘I Don’t Like Shit, I Don’t Go Outside’ confirme donc tout le talent de Earl Sweatshirt, petit rappeur renfrogné, bien décidé à tracer sa propre voie de la façon la plus personnelle qui soit.

‘Mantra’, ‘Faucet’, ‘AM//Radio’, ‘DNA’, ‘Wool’

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