Doomtree – « No Kings »

doom180Album
(Doomtree)
22/11/2011
Hip hop démocratique

Depuis 2009 et la sortie de l’excellent « Never Better« , on attendait impatiemment le retour de POS, silencieusement tapi dans l’ombre pendant que ses petits camarades de Rhymesayers se relayaient sous les feux des projecteurs. C’est que le bougre était en train de nous mijoter quelque chose avec Doomtree, collectif de Minneapolis qui partage sa discographie, et qui signe avec « No Kings » un deuxième véritable album fidèle à sa grande efficacité, son ouverture musicale, son franc parler, et sa richesse puisée dans les différences comme dans les points communs affichés par ses sept membres. Une ligne de conduite entérinée en juillet 2008 lorsque son premier opus éponyme a vu le jour, et qui se répète donc aujourd’hui, peu de temps après que la troupe ait beaucoup fait parler d’elle sur la blogosphère avec « Wugazi« , album mash up qui faisait cohabiter le Wu Tang Clan et Fugazi.

POS, Dessa, Sims, Cecil Otter, Mike Mictlan, Lazerbeak et Paper Tiger quittent donc tous leurs activités respectives pour retrouver l’émulsion propre au travail de groupe, et souligner un caractère désormais affirmé, ou tout le monde est logé à la même enseigne quand le premier album ne laissait percevoir qu’une somme de fortes personnalités. Fort logiquement, Doomtree passe ainsi un cap et accouche d’un album qui vaut largement le détour, notamment si vous êtes adeptes d’un hip hop qui ne compte pas son énergie, qui s’écoute le casque sur les oreilles, et le volume à 11. Là, la profondeur des productions prend tout son sens (« Beacon »), leur diversité aussi (« The Grand Experiment » n’a pas d’équivalent au tracklisting), tout comme leurs ambiances souvent sombres et oppressantes (« Bolt Cutter »), ou l’indiscutable qualité et variété de flows tous différents et complémentaires qui s’y relaient avec finesse.

Du coup, puisqu’il ne se refuse rien, le collectif est porté tout le long de cet album par une évidence qui lui permet de passer d’un morceau capable de retourner un public comme une crêpe (« Punch Out », « Gimme The Go »), à un autre beaucoup plus intimiste, bluesy et adouci par la touche féminine de Dessa (« Little Mercy »). On prend alors conscience que ce « No Kings » pour le moins démocratique, pourtant moins ambitieux que d’autres qui se sont malheureusement vautrés ces derniers mois, peut sans crainte s’ajouter à la liste des albums de l’année. Quant à POS, si ses apparitions ne relèvent ici que de la récréation qu’elles ont l’air d’être, on ronge déjà notre frein à l’idée de pouvoir entendre un nouvel album. Décidemment, Minneapolis n’a pas fini de révéler tous ses secrets. Tant mieux, on n’a pas fini de rêver.

En écoute intégrale


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