DIIV – « Oshin »

diiv180Album
(Captured Tracks)
05/06/2012

À l’instar de PVT, Dive a délaissé son patronyme pour celui de DIIV à cause d’un quelconque groupe belge en mal de conflit judiciaire. Toujours est-il que, fidèle à la barre, le guitariste Zachary Cole Smith (Beach Fossils) revient avec Colby Hewitt (batteur de Smith Westerns) et ses deux autres acolytes pour signer un nouvel album remarquable en tous points. Sorti sur l’éminent label Captured Tracks, on pouvait pourtant craindre une redite dispensable de la scène de Brooklyn. Or, si de prime abord, DIIV ne paraît guère différent d’autres groupes indie, le quatuor élabore des mélodies difficilement étiquetables. En effet, à la différence de la classique vague dream-pop, les new-yorkais tissent une quinzaine de titres variant shoegaze, new-wave, krautrock autour de mélodies chatoyantes où la guitare est maitresse. Et pour cause, parce que « Oshin » est presque intégralement issu de l’esprit de Smith, ce dernier se démarque en relayant la voix au second plan, n’hésitant pas à simplement se contenter d’instrumentaux lumineux. D’ailleurs, lorsque le chant se dévoile enfin, il se fait difficilement intelligible. De fait, cet opus dégage une nonchalance exquise à l’heure où les têtes ne sont assurément plus au travail, y compris lorsque DIIV se fait plus nébuleux ( »Oshin (Subsume) ») et qu’il peut encore compter sur la délicatesse de ses thèmes pour rendre l’écoute définitivement addictive. À la frontière de l’apathie et de l’exaltation, le groupe parvient donc avec succès à jouer simultanément sur deux tableaux. Du coup, « Oshin » frappe par cette capacité à créer une douce léthargie dont on aimerait ne jamais se détacher. Onirique mais pas naïf, cet album fleure bon le songe d’une nuit d’été. DIIV marque les esprits pour ne plus les quitter.

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