Digitalism – « I Love You Dude »

digi180Album
(Kitsune)
20/06/2011
Electro pop

De la vague maximale partie de France, sur laquelle il était incontestablement un des plus habiles, Digitalism a appris beaucoup, notamment à vite s’en écarter pour mieux repenser son évolution. « Idealism« , son premier album, intégrait en effet les rangs des sons grossiers qui soulevaient les foules à l’époque, et les partageaient entre purs tracks electro et tubes drapés de mélodies pop. Trois ans plus tard, on se souvient surtout de ces derniers, chose qui semble ne pas avoir échappé aux Allemands. En atteste « I Love You Dude », nouvel opus qui franchit l’étape de la confirmation les doigts dans le nez en ne restant fidèle qu’à l’efficacité mélodique de son prédécesseur pour mieux arrondir ses angles et gagner en classe. Une bonne chose quand on sait que tous les poids lourds electro révélés par le revival de la French Touch seront clairement attendus en ce virage savonneux. Sur les traces de « I Want I Want » ou « Pogo » donc, mais en plus propre et à pas de velours cette fois, Digitalism poursuit ses velléités pop, s’offre un album digne de ses envies de grandeur. De là, Jens Moelle et Ismail Tuefekci ne se refusent plus rien, balancent du hit, dont certains qui s’inscriront à n’en pas douter parmi les hymnes de l’été qui se profile. Guetta et ses camions-bennes de tartines de merde, Justice s’ils ne sont pas allés voir plus loin que leur « Civilization » pour leur prochain album, tous pourraient bien être mis à l’amende par ces « 2 Hearts », « Forrest Gump » (écrit par Julian Casablancas des Strokes), « Circles », imparables et excellemment chantés, sans compter qu’ils finissent d’installer pour de bon le format chanson au panthéon de l’electro. Néanmoins, s’ils servent de parfaite vitrine à ce « I Love You Dude », l’album ne se cantonne pas qu’à cet exercice: on y trouve aussi d’excellents instrumentaux capables de nous pousser jusqu’à l’aube (« Blitz », « Antibiotics », « Encore »), une bouffée d’Air qu’il était difficile de prévoir ici (« Just Gazin »), même une pointe de big beat finalement plus bénéfique à la diversité du disque qu’intruse (« Reeperbahn »). En bonne berline, ce nouveau Digitalism joue donc brillamment de sobriété, d’efficacité, et s’écoutera encore quand on dansera sur les cendres de ses poursuivants. Un must have pour les longues heures d’autoroute qui vous attendent.

En écoute




Disponible sur
itunes20

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