Dels – « GOB »

dels180Album
(Big Dada)
18/04/2011
Hip hop UK

Il fut un temps où le hip hop britannique parvenait sans mal à rivaliser avec son cousin américain. Les années passant, l’évidence est pourtant revenue au galop: le rap US est un tel vivier qu’il est bien difficile pour ses homologues étrangers d’afficher la même constance. L’Angleterre n’y aura pas coupé, sa scène hip hop étant étroitement liée à une poignée de labels influents, à la faute de flair interdite. Ainsi, entre l’ampleur prise par le grime, l’essoufflement des pontes d’outre-Manche tels que Roots Manuva, et un Big Dada comme en quête d’un nouveau souffle, on finissait par ne plus en attendre grand chose de plus excitant qu’un mariage princier.

Puis Dels a déboulé armé de deux maxis stupéfiants (« Shapeshift » et « Trumpalump »), annonciateurs d’un premier album qui sentait bon la redistribution des cartes. Bingo: en onze titres que contient ce « GOB », Kieren Dickins – de son vrai nom – fait littéralement souffler un vent de fraîcheur et de résurrection sur l’île toute entière. En effet, cet artiste accompli qui va jusqu’à exceller dans les clips qu’il orchestre lui-même, s’est appliqué à ériger un premier opus à la fois efficace, novateur, doté même de quelques pics émotionnels (« DLR » featuring Elan Tamara), mais surtout capable d’afficher une intéressante diversité sans jamais porter atteinte à sa cohérence: un signe de maturité incontestable qui finit de faire de Dels un artiste, plus qu’un simple Mc.

Pour l’aider dans cette tâche difficile mais réussie, le Mc a su s’entourer de trois producteurs qu’il est allé chercher au-delà des frontières du hip hop, comme pour crier haut et fort que son petit monde ne connaît pas de limite. Aussi que son flow irréprochable est aussi à l’aise sur les productions grime fondues de Micachu (l’imparable « Melting Patterns », l’enivrant « Violina/Bread Before Bed »), irrésistiblement electro de Joe Goddard des Hot Chip (l’excellent « Capsize » interprété avec Roots Manuva vient dignement s’ajouter aux deux premiers singles), que sur celles de Kwes, autre révélation plus inattendue de ce disque.

En effet, Dels ne pouvait pas compter sur meilleur compagnon que lui pour illuminer un univers qui, en toute occasion, se révèle paradoxalement nouveau et familier car innovant et accessible (« Droogs »), toujours d’une redoutable efficacité (« Hydronenburg », « Eating Clouds », « GOB »). Déjà aux crédits de quelques titres de The Invisible ou The XX, ce nouveau producteur de génie pousse chaque fois le Mc à donner le meilleur de lui-même, provoquant ainsi quelques tracks pleinement responsables du caractère durable et marquant de ce premier album qui, de l’autre côté de la Manche et s’il avait la bonne idée de faire des petits, pourrait bien sonner l’heure d’une nouvelle ère qui commençait à se faire beaucoup trop attendre.

Disponible sur
itunes33

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