Death From Above 1979 – ‘The Physical World’

Album / Caroline – Last Gang / 08.09.2014
Dance punk

Retour en 2004: l’indie rock des années 90 finit de s’éteindre, la musique électronique prend le relais, totalement revitalisée qu’elle est par de nouvelles technologies et logiciels devenus accessibles à tous. Depuis plusieurs mois déjà, les deux genres n’en finissent plus de se croiser, LCD Soundsystem prépare discrètement son arrivée parmi les grands, The Rapture sévit déjà depuis quelques temps, le dance punk trouve en Soulwax et Death From Above 1979 deux dignes représentants, capables de faire lever le nez des rockeurs, voire de les faire danser. Le phénomène est en marche: le rock s’invite définitivement sur le dancefloor, et ne lâchera plus l’electro pendant un bon moment, quitte à voir s’accumuler plus de projets fades et opportunistes que durant n’importe quelle autre décennie auparavant. Jusqu’au phénomène French Touch 2.0 qui – grâce aux rugissants Justice notamment – sonnera l’accouplement définitif, et confèrera ainsi à ‘You’re a Woman, I’m a Machine’ une valeur quasi avant gardiste.

Noise, dansants, mélodiques et furieusement communicatifs, il n’en fallait pas plus à Sebastien Grainger et Jesse F.Keeler pour définitivement marquer les esprits, et faire de ce premier opus un des plus incontournables du début de 21ème siècle. En atteste d’ailleurs l’incessante demande du public de voir le duo revenir aux affaires suite à sa séparation en 2006, et alors que chacun d’eux tentait depuis tant bien (MSTRKRFT pour Keller) que mal (Grainger en solo) de s’émanciper de cette aventure commune appelée à irrémédiablement cannibaliser leurs parcours respectifs. Raison faite, et sous la pression populaire, Death From Above 1979 réapparaissait en 2011 pour quelques concerts (proches de l’émeute parfois), pour finalement annoncer deux ans plus tard l’arrivée prochaine de ‘The Physical World’, deuxième album si longtemps inespéré qu’il en est devenu un des plus attendus de cette rentrée.

Avec lui, son lot de questions devenues habituelles en ces temps d’incessantes reformations: pourquoi? comment? combien? et puis? Si ‘The Physical World’ contient finalement peu de réponses, il a le mérite de servir aux fans du groupe ce qu’ils attendaient depuis dix ans. Car en 2014, il ne fait pas de doute que Death From Above 1979 maîtrise toujours autant son noise rock dansant (‘Cheap Talk’, ‘Crystal Ball’, ‘Nothin Left’), dégaine ses riffs de basse avec toujours autant d’aisance (‘Always On’), même si le temps a forcément traîné quelques changements dans son sillage. Plus raffiné, moins mordant mais souvent tout aussi efficace qu’à ses débuts, le duo délaisse un peu de sa fougue au profit de mélodies plus affutées (‘Right On, Frankeinstein!’), de discrets arrangements de synthés (‘Cheap Talk’, ‘The Physical World’), quitte à bifurquer vers la pop, de façon radicale comme en atteste l’inattendu ‘White Is Red’, ou plus subtilement comme sur ‘Trainwreck 79’ et son break rappelant indubitablement Soulwax.

Néanmoins, rien de dépaysant ici: un point que ne manqueront pas de relever certains fans curieux de voir le groupe creuser un peu plus un registre que beaucoup auraient pu s’approprier en son absence. Quant aux autres, ceux qui n’attendaient rien d’autre qu’une redite de ‘You’re a Woman, I’m a Machine’, ils seront comblés par un DFA 1979 qui, bien que conscient (‘Nothing’s new/ it’s the same old song just a different tune‘ chante Grainger), est pourtant à mille lieux de simplement honorer une commande de longue date.

‘Cheap Talk’, ‘Always On’, ‘Crystal Ball’, ‘Trainwreck 79’, ‘Nothin Left’

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