Death And Vanilla – ‘To Where The Wild Things Are…’

Album / Fire Records / 04.05.2015
Beauté

Petit, l’une de mes premières obsessions cinématographiques (outre ‘Pee Wee’s Big Adventure’, ‘Indiana Jones’ et ‘Ninja Kids’) n’était autre que ‘Les Tortues Ninja II: les Héros sont de retour’. Malgré l’immense mauvaise réputation de cette suite, l’un de ses principaux atouts se révèle dans la présence de Vanilla Ice au casting. Alors en pleine gloire, le rappeur des plateaux télés profita d’un gouffre scénaristique pour assurer un caméo durant lequel il chante ‘Ninja Rap’ habillé en zazou, devant une foule en délire et des tortues désinhibées. Depuis, en dépit d’une carrière bien mince, je voue une fascination secrète pour ce ringard nourri par la Real TV. Malheureusement, Death And Vanilla ne sera jamais autant reconnu que son homologue texan et c’est injuste, tant leur discographie est beaucoup moins dispensable.

Depuis leur premier EP, depuis réédité par Hands in the Dark, les Suédois se font une joie de nourrir notre imaginaire avec une classe folle. Comme nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes, l’évocation de Broadcast est évidente, même si elle ne rend pas entièrement justice au duo. Ce dernier présente aussi ses particularismes, un goût évident pour les années 60, de la Motown au cinéma bis en passant par la France, pour le rétro-futurisme pictural, sans oublier une origine géographique logiquement responsable d’influences environnementales fortes. En résulte un son à part, reconnaissable entre tous, obsédant, onirique, mental.

‘To Where The Wild Things Are’ ne rompt pas avec l’enchantement d’antan, même si ses géniteurs s’abstraient plus que jamais de leurs influences. Mieux digérées, mieux disséminées, celles-ci se fondent désormais dans un écrin plein d’aspérités décelables au fil des écoutes. Ainsi, les traces de Barry Adamson ou de John Barry s’effacent peu à peu au profit d’une imagerie plus personnelle, sans doute moins désuète. Malgré cette évolution logique, Death And Vanilla préserve son caractère familier, attachant, de par ses réminiscences de l’enfance et une nostalgie imparable. Ce ne sera sans doute pas suffisant pour être crédité au générique du prochain ‘Tortues Ninja’ de Michael Bay, mais on s’en contentera allègrement pour les longs exodes en solitaire.

‘Arcana’, ‘Follow The Light’

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