Dan Friel – ‘Life’

Album / Thrill Jockey / 15.10.2015
Electro pop noise

Depuis le début du siècle, Dan Friel n’a cessé de jouer sur deux tableaux : au sein de Parts & Labor, groupe noise rock qu’il a cofondé en 2002, mais aussi en solo sous son propre nom, depuis plus longtemps encore. L’aventure collective ayant pris fin il y a trois ans, le new yorkais peut désormais se consacrer entièrement à ses délires électroniques, tout en s’alimentant généreusement de cette affection qu’il porte depuis toujours au bruit, incassable fil rouge de son parcours. C’est donc au croisement de l’intensité de Fuck Buttons et de la bonne humeur de Dan Deacon qu’on le retrouve à l’occasion de ‘Life’, son troisième album, et le second pour le compte du label Thrill Jockey.

Toujours accompagné de ses boites à rythmes et de son synthétiseur vintage dont il maltraite le son à coups de pédales de guitare, Friel poursuit sur la lancée de ses précédents efforts, et offre ici ce qu’on pourrait considérer comme une nouvelle expérience son et lumière – mais sans lumière – tant ses mélodies pop et sucrées, soutenues par d’intenses textures, baignent plus que jamais dans une effusion de couleurs vives. Parce que, si Friel y va ici de quelques titres pour le moins torturés, d’une densité à couper au couteau (‘Sleep Deprivation’), il n’est jamais question ici de se prendre au sérieux ou de se rallier au penchant le plus cérébral de la musique électronique.

Comme son titre l’indique, ‘Life’ transpire avant tout la joie de vivre de son géniteur, cet éternel adolescent incapable de se séparer de son inusable Yamaha, ici inspiré par sa nouvelle paternité. En atteste notamment l’ouverture ‘Lullaby (Wolf)’, berceuse froissée introduisant une multitude d’hymnes à la joie, parmi lesquels les imparables ‘Cirrus’, ‘Rattler’, et ‘Life (Pt.1)’ qui vous rentrent dans la tête pour n’en ressortir que sous le souffle des sifflotements.

Il arrive alors qu’on ne sache plus très bien s’il s’agit d’electro ou de rock et, tel un équilibriste, Dan Friel ne se prive pas d’entretenir le flou pour qu’on n’ait pas à lui coller la moindre étiquette sur le dos (‘Lungs’, ‘Bender’). Débarrassé de toutes considérations de genres, ne ressort alors de son album que cette indestructible sensation de joie, d’innocence, et de partage, ressentie par tous ceux à qui cet espiègle new yorkais offre un retour sans escale vers l’enfance.

‘Cirrus’, ‘Rattler’, ‘Life (Pt.1)’

À lire ou écouter également:

, ,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire