Crane Angels – « Le Sylphide de Brighton »

crane180Album
(Animal Factory)
31/10/2011
Chorale pop

A chaque jour sa révélation bordelaise. Ou presque. Toujours est-il que, sur les bords de la Gironde, on ne manque pas d’idées quand il est question de musique. En effet, si vous feuilletez ou cliquez un tant soit peu la presse musicale, il ne vous a certainement pas échappé que Petit Fantôme, JC Satan, ou Botibol ont été quelques uns de ceux à avoir bien haut défendu les couleurs de leur ville ces derniers mois. Bonne nouvelle, tous ne vont pas s’arrêter là puisque, en enrôlant quelques collègues du coin également actifs au sein du groupuscule ICEBERG, ils forment les Crane Angels: une bête à bonheur à mi chemin entre le all star band local qu’elle est, et la charmante chorale qu’elle devient au fur et à mesure qu’on s’enfonce dans « Le Sylphide de Brighton », un premier album qui s’apprête à diffuser une odeur printanière tout au long des gris mois qui pointent.

Alors, cette douzaine de musiciens – issus d’univers parfois très différents – oublient subitement leur background musical, et se mettent avec un plaisir palpable au service d’une pop sixties qui lorgne autant vers la Californie que l’Angleterre, ici un poil shoegaze, là un tantinet psyché, et à la bonne humeur toujours extrêmement communicative. D’ailleurs, au delà de la mixité des choeurs quasiment omniprésents, des mélodies imparables qui jonchent cet opus, c’est là l’indéniable point fort de cette joyeuse troupe qui sait indéniablement ne faire qu’un, et invite dès le premier accord à ressortir de l’armoire les chemises à fleur, les shorts et sandales, à occulter totalement l’actualité moribonde, et à s’en aller claquer des bises gratos Place de la Victoire.

D’autant que, à voir le nombre de tubes qui défilent tout au long de ce disque, les incitations ne manquent pas, peu importe ou elles se situent sur l’échelle de la dépense d’énergie. Ainsi, parmi les plus convaincantes, on trouve l’ouverture « Messenger » à l’intensité grandissante qui laisse déjà fuiter un incroyable pouvoir d’addiction, les excités « In The Snow » et « Give Me Time » partageant une fraicheur féminine régénérante, comme quelques douceurs qui échangent l’agressivité du rock – entrevues sur « Attila » notamment – contre les rondeurs d’une pop sensuelle usant de ses charmes sans jamais compter (« Morning Sun »). Alors, comme à l’image de ce « The World » aux deux visages, les Crane Angels s’emparent de ce que The Bewitched Hands – pourtant très talentueux eux aussi mais un peu plus loin du soleil – n’avaient fait que toucher du doigt: un véritable sans faute en guise de premier album, et avec lui ce pouvoir enviable de ne jamais laisser pleuvoir sur la tête de ceux qui les écoutent.

En écoute intégrale


Disponible sur
itunes40

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