Cloud Nothings – « Attack On Memory »

cloud180Album
(Wichita)
06/02/2012
Indie

On ne saura peut être jamais si c’est volontairement ou non, pour faire parler de son nouvel album, que Cloud Nothings aura égratigné l’image du super-producteur Steve Albini – responsable du son de beaucoup d’albums incontournables – en criant haut et fort que le Monsieur préférait jouer au Scrabble sur Facebook ou alimenter son blog de cuisine pendant ses sessions d’enregistrement. Toujours est-il que, à réécouter l’album éponyme du combo de Cleveland sorti il y a seulement un an, on ne peut s’empêcher de penser que le guitariste de Shellac est quand même pour beaucoup dans l’excitation causée par ce nouveau disque. En effet, si Cloud Nothings prend quelques distances avec son garage rock lo-fi d’antan pour mieux varier les plaisirs aujourd’hui, c’est surtout la véritable production offerte à « Attack On Memory » qui fait passer un vrai cap à ses géniteurs, et les invite à prendre part au savoureux revival 90.

En se présentant au complet en studio plutôt qu’en confiant l’interprétation complète au seul Dylan Baldi, et en enregistrant tous en même temps pour retranscrire au mieux l’énergie du live, Cloud Nothings affiche non seulement sa cohésion, mais aussi sa cohérence malgré les multiples influences convoquées tout au long de ces (seulement) huit titres. Ainsi, sans la moindre faute de goût, sans nostalgie exacerbée, avec comme fil rouge une voix tendue et éraillée toujours à son aise, le groupe en appelle au post hardcore, au noise rock, au punk, et au garage, jusqu’à rameuter tout le monde durant les huit minutes d’un « Wasted Days », solide trait d’union entre les deux grosses tendances de cet album. En effet, ici, Cloud Nothings aligne d’une part quelques tubes accrocheurs balancés avec une fraicheur toute adolescente (« Fall In », les irrésistibles « Stay Useless » et « Cut You »), d’une autre quelques morceaux nettement plus sombres, lents, et torturés, dont les déchirements paraissent d’abord exagérés avant de devenir véritablement jouissifs (« No Future/No Past », l’énorme « No Sentiment »).

Totalement nouveaux dans ce dernier registre, les Cloud Nothings y avancent comme sur un fil, et vont chercher dans un certain manque d’assurance tout le charme et la personnalité qu’il leur fallait pour pouvoir venir se frotter à d’autres formations beaucoup plus à leur aise sur ce genre de terrain accidenté. De ce fait, son « Attack In Memory » y puise la diversité et la dose d’oxygène nécessaire pour être avalé goulument, et s’imposer illico tout en haut des meilleurs disques de cette année 2012: un sort logique pour un album qu’on se forcerait presque à ne pas écouter tous les jours de peur de s’en fatiguer.

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Disponible sur
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Une réponse à Cloud Nothings – « Attack On Memory »

  1. Max 4 février 2012 à 10 h 36 min #

    convaincu, je file l’écouter! :) lààà

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