Civil Civic – « Rules »

cc180Album
(5000)
03/10/2011
OVNI fédérateur

Encore quasiment inconnu il y a un an, Civil Civic fait l’évènement dès la sortie de son premier album: un parcours qui nous permettrait peut-être même d’employer l’expression « success-story » sans pour autant que le fantôme de Laurent Boyer ne vienne nous hanter… Et pour cause, ce vrai-faux duo est typiquement un groupe d’Internet. Australiens de nationalité, les deux ne se sont rencontrés qu’en Europe via quelques échanges de mp3, jusqu’à faire rapidement souffler un buzz à grands coups de concerts et de singles qui n’ont jamais laissé indifférents. Pour preuve, c’est l’estime du public glanée au fil des dates qui leur a permis de financer ce premier disque grâce à une collecte de fonds sur le net brillamment réussie (7000$ mis à disposition par 222 contributeurs, pour un objectif fixé à 5000). Ainsi est donc né « Rules », un premier jet qui ouvre un nouvel horizon pour ces deux débiles profondément attachants (visitez leur blog pour le vérifier).

Des précédents Eps ne subsistent que « Less Unless », « Run Overdrive » et « Lights On a Leash », mais ceux qui ont eu la joie de voir Civil Civic sur scène reconnaitront sans mal la majeure partie des nouveaux morceaux. En dix titres, le duo confirme que l’enthousiasme qu’il provoque est complètement légitime. Passerelle entre The Cure et Holy Fuck, Sonic Youth et Crystal Castles, cet album distille toujours cet art du tube, mais cette fois la paire dévoile aussi un autre visage, jusque là perceptible uniquement lors de certains passages de leurs concerts. En effet, capables de composer de véritables love-songs ( »Sky Delay » &  »Slack Year ») ou de présenter un visage presque funeste ( »Manfield »), les Australiens savent également ralentir le tempo, instaurer ainsi des plages de respiration presque salvatrices au sein de cette avalanche de hits ou beaucoup déploreront les absences de  »C-27 » ou  »E8-4AH », malgré l’apparition du chevaleresque et dantesque  »Grey Nurse » – soundtrack de western spaghetti 3.0 – en guise de véritable consolation.

Toujours est-il que ce duo rend dingue, et qu’on ne s’amuse même plus à cataloguer sa musique: plutôt que d’avoir à choisir entre synth-punk, synth-pop, new-wave ou noise, Civil Civic fait finalement du Civil Civic. Toujours instrumentale, toujours soutenue par les beats du troisième larron  »The Box », sa musique livre des paysages sonores que chaque oreille prendra soin d’interpréter à sa façon. Le fait est que  »Rules » est terriblement fédérateur. Du coup, à moins de s’appeler Christine Boutin, difficile d’imaginer quelqu’un de réticent à un tel OVNI dont chaque titre est une madeleine de Proust sonore. Régressif à souhait, le son de Civil Civic donne envie d’aller courir à poil, un bandeau sur le front, le long du fleuve le plus proche. Du coup, ce premier opus est le disque parfait pour retourner en adolescence, faire un gros doigt d’honneur à l’école/au boss qui nous attend le lendemain matin.  Et comme à chaque fois, en concert comme sur disque, le plaisir est trop court. Alors on le passe en boucle, et on recommence à sauter.

En écoute


Civil Civic en concert le 5 novembre à la Flèche d’Or à l’occasion de la Mind Your Head#6 (également à l’affiche: Electric Electric, The Patriotic Sunday & La Terre Tremble !!!, et Peter Kernel)

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