Chris Cohen – « Overgrown Path »

cohen180Album
(Captured Tracks)
24/09/2012
Indie pop

Voilà notre dernier rescapé de l’année passée, celui après lequel on tirera définitivement un trait sur l’exercice 2012 pour mieux regarder devant et savourer les surprises que nous réservent les prochains mois. Il faut nous comprendre: il aurait été trop injuste de garder le silence face au talent de songwriter de Chris Cohen, celui qu’il n’a cessé d’aiguiser depuis 2002 en offrant ses services à divers groupes (The Curtains, Deerhoof, Haunted Graffiti, Cass McCombs, Cryptacize, Natural Dreamers…) et en participant à une dizaine d’albums. C’est donc sur le tard que le californien – désormais exilé dans la tranquillité du Vermont – a décidé de rouler pour son propre compte, faisant de « Overgrown Path » un premier album gonflé à bloc par une inspiration qui finissait certainement par ronger son frein. Enfin donc, tout éclate, et Cohen nous éclabousse de sa sensibilité et de ses mélodies. Batteur à l’origine, il a ici enregistré tous les instruments (basse, piano, guitare, batterie, synthé), et offert à cet album une production aussi chaleureuse que trompeuse, de celle que l’on croirait issue d’une énième réédition des sixties. Il y a aligne alors seulement neuf titres piochant – tour à tour ou simultanément – dans des ambiances pop psyché d’une tristesse jamais déprimante, des mélodies folk soul qui hérissent le poil ou vous tirent une larme, ainsi qu’un touché presque jazz qui finit d’incarner toute la maturité de l’auteur. De là, Cohen tissent le plus humblement du monde quelques perles de pop music. Parmi elles, et sans pour autant faire radicalement de l’ombre au reste du disque, l’entame « Monad » dont la mélodie rayonnante et légère ne manque pas de hisser l’auditeur en apesanteur, et le dépouillé « Solitude » reposant essentiellement sur la voix. De par sa douce beauté, sa fragilité apparente, et son incessant clair-obscur, « Overgrown Path » se révèle être au mieux un album de driving music pour départementales à virages, au pire la bande son de somnolences diurnes et nostalgiques. Mais surtout, il restera l’oeuvre essentielle d’un tendre crooner que personne sauf lui n’attendait.

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