Boom Bip – « Zig Zaj »

boom180Album
(Lex)
03/10/2011
Electro à toutes les sauces

Ce bougre de Boom Bip nous aura fait flipper. En effet, depuis 2005 et un « Blue Eyed In The Red Room » difficilement accessible, le producteur n’aura laissé que peu de place à l’espoir de le réentendre au niveau qui était le sien au début des années 2000, quand « Seed To Sun » et « Corymb » défrayaient la chronique. Même un Ep en 2007 (« Sacchrilege ») et le projet Neon Neon monté avec Gruff Rhys ne seront jamais parvenus à inverser la tendance. Emmêlé dans des sentiments de crainte et d’espoir, « Zig Zaj », nouvel album que le néo-californien aura mis deux ans à mettre sur pied, revient mettre les choses en ordre: Bryan Hollon n’a rien perdu de sa superbe, et le prouve ici tout en faisant une nouvelle fois évoluer son registre.

Pas de bis repetita donc, mais un Boom Bip tout neuf et aussi passionnant que par le passé, qui a préféré s’enfermer dans un sombre studio d’Echo Park plutôt que de se contenter d’un home studio dans son nid douillet de Malibu. Le but? Offrir à ce disque les imperfections qui font son âme, sortir de la rigidité comme de la froideur de l’informatique, et pouvoir enregistrer librement à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, avec qui lui semblait bon. Tout au long de ces dix titres, et au delà de ses proches collaborateurs (Josh Klingghoffer des Red Hot Chili Peppers, Josiah Steinbrick issu de divers groupes punk du coin, Eric Gardner), on croise donc aussi les demoiselles de Warpaint, Money Mark, Luke Steele (Empire Of The Sun), Alex Kapranos (Franz Ferdinand), Cate Le Bon, Mikey Noyce (Bon Iver), tous venus contribuer à l’album le plus rock et le plus diversifié à ce jour de celui qui reste pourtant incontestablement un maitre en matière de production électronique instrumentale.

La preuve une nouvelle fois ici. Avec comme piliers fondateurs une constance dans l’efficacité rythmique, la mélodie, les textures chaleureuses, et une grande richesse dans les arrangements, Boom Bip déplie un éventail de savoir-faire et d’influences qu’il parvient à relier sans trop de mal, sans jamais se laisser pousser dans l’extrême par un plaisir palpable, évident à l’écoute. Car « Zig Zaj » respire de bout en bout la liberté du producteur touché par la grâce, qui transforme en pépites ses plus belles inspirations. Tout au long de ces cinquante minutes, et même quand le genre abordé peut paraitre désuet (le big beat de « New Order »), le californien déroule avec une facilité et un naturel déconcertant, qu’il fasse passer l’electro par le folk (« All Hands » en guise de douce introduction), la pop (le joli « Goodbye Lovers And Friends » chanté par Kapranos, « Do As I Do », « Automaton »), le post punk (« Pele »), le rock (« Manabozh »), l’ambiant (le long « Tumtum »), ou la mélancolie propre au downtempo (« Reveal »). Une palette de couleurs écœurante sur papier, mais qui dessine au final un superbe album, ainsi que la silhouette d’un Boom Bip retrouvé.

Disponible sur
itunes4

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