Black Milk – « Album Of The Year »

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(Fat Beats)
29/09/2010
Hip hop

Pour oser intituler son disque « Album Of The Year », il faut posséder une estime de soi sans limites, ou faire preuve d’une auto-dérision pour le moins affirmée. Quoiqu’il en soit, après deux ans d’absence, ce nouvel opus marque le retour de Black Milk dans les bacs, tout comme sa reprise du leadership de la Motor City laissé vacant depuis le départ de Jay Dee. Le producteur régalant de ses productions de nombreux Mcs depuis maintenant quelques années, plus particulièrement ceux de Détroit (Invincible, Elzhi), c’est avec une certaine excitation que nous attendions ce nouveau projet solo. Et pour cause, après le buzz engendré par le récemment dévoilé « Deadly Medley (feat Royce Da 5’9, Elzhi), il ne lui restait plus qu’à enfoncer le clou pour de bon.

Maniant comme personne l’art du contretemps dont il use et abuse jusqu’à en faire une véritable marque de fabrique, concoctant des beats aux caisses claires souvent épurées voire brutes, Black Milk augmente encore sa palette de couleurs, incluant quelques cuivres chaleureux (« Over Again ») ou des influences carrément afro-beat (« Round Of  Aplause ») accompagnées de claviers du même tonneau. A l’instar de beaucoup de ses homologues, les cordes connaissent ici un vrai retour en grâce (« Black&Brown »), mais c’est surtout son art du « bounce » qui reste la pièce maîtresse de son répertoire (« Warning (Keep Bouncing) », « Welcome(Gotta Go) »). En revanche, on restera plus sceptiques de ses tentatives rock caractérisées par la guitare guillerette de « Closed Chapter » clôturant le bal en queue de poisson, et un « Gospel Psychedelic Rock » à la composition un peu bancale. Plutôt que cela, c’est dans le registre qui lui est le plus familier que Black Milk se montre le plus dévastateur, comme le prouve les véritables perles que sont « Keep Going » ou « Distorsion ».

Alors « Album Of The Year » disque de l’année? Il aurait fallu pour cela rendre une copie plus généreuse et plus équilibrée, plus proche du sans fautes. En mettant la barre si haut, Black Milk s’expose en effet à une critique qui ne laissera rien passer, à commencer par la légèreté de certains titres. Toujours est-il que, après avoir sorti la ville du Michigan de sa torpeur et créé presque à lui tout seul un style de production qui fait aujourd’hui école, Black Milk nous rappelle à juste titre qu’il n’est pas l’heure de faire la fine bouche: « Album Of The Year », à défaut de squatter le haut de la liste des disques indispensables de 2010, y figurera sans conteste.

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