Beach House – « Bloom »

beach180Album
(Sub Pop)
14/05/2012
Dream pop

Deux ans après  »Teen Dream », Beach House reprend du service pour un quatrième album sous l’égide de Sub Pop. Une fois de plus, le duo formé par Alex Scally et Victoria Legrand ne déshonore pas ses précédentes productions tant « Bloom » reste dans la digne lignée initiée par le premier album et se pose déjà comme le disque idéal pour les futures longues soirées estivales. Encore plus soignée par sa production, plus lissée aussi, cette nouvelle salve peut, davantage qu’auparavant, agacer par sa candeur apparente. Seulement, une fois digéré,  »Bloom » se révèle être la quintessence de l’onirisme.

En entrant directement dans son sujet, Beach House obsède dès le début. En monument pop, bien aidé par Chris Coady (Blonde Readhead, Yeah Yeah Yeahs), le duo sillonne la mesure parfaite entre la charge mélancolique, l’audace romantique et l’élégance d’une production à la fois parcimonieuse et fastueuse. Pour autant, si certains trouvent les similitudes trop nombreuses avec  »Teen Dream », on ne peut que constater un nouveau penchant pour une écriture déstructurée, tout en crescendo, délaissant ainsi le traditionnel couplet-refrain. À ce titre, la notion de voyage remplit pleinement son rôle et la seconde moitié de l’album le souligne aisément tant, dès l’immense  »Troublemakers », Beach House démontre toute sa propension à bâtir des édifices pop magistraux. Cette orientation s’applique également dans les textes de Victoria Legrand, tous touchés par la perte de l’innocence, de l’adolescence, de l’amour impossible: autant de thématiques qui, derrière la caméra de Christophe Honoré, donneraient envie de vomir mais qui s’approchent du sublime dès lors qu’il s’agit des intéressés.

Enfin, si les singles  »Myth »,  »Wild » et  »Other People » seront les plus éloquents auprès du grand public,  »Lazuli »,  »On The Sea » et surtout  »Irene » s’imposent comme les incontournables d’un album hors de tout format. Officieusement leaké depuis un moment sur la toile, déjà en boucle dans beaucoup d’oreilles, il est avec Lower Dens tout ce dont nous pouvions espérer de mieux pour cette année, érigeant ainsi la glauque Baltimore en nouvelle capitale de l’amour désabusé. Alors bien sûr, Beach House continuera de déplaire aux aigris sans coeur mais avec « Bloom », la formation nous reprend là où Metronomy nous avait laissé l’an dernier, la maturité en plus, avec le bonheur de se savoir triste à jamais. Et si nous sortions les violons?

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