Baths – « Cerulean »

baths180Album
(Anticon)
25/08/2010
Hip hop electronica

Alors qu’un épais voile Bass Music a désigné Los Angeles comme résidence principale, Anticon fait mine d’y céder et trouve la parade en intégrant Baths à son catalogue. Le label étant capable des meilleures trouvailles comme d’autres beaucoup moins intéressantes, il fallait attendre de pouvoir écouter « Cerulean », le premier album du nouveau venu, pour enfin se faire un avis sur le potentiel de celui que Daedelus a lui-même présenté à la fourmi noire. Bien lui en a pris, car non seulement le jeune producteur fait bonne figure, mais il affiche aussi quelques belles prédispositions qui lui permettent de proposer une solide alternative sous cette chape de basse tenue jusque là à bout de bras par Flying Lotus et son label Brainfeeder.

Car Baths va bien au delà, et pour cela, mérite amplement les louanges qu’il ne cesse de récolter depuis que son nom occupe les discussions des initiés. Pour sa méthode de travail également, loin d’être expéditive: le californien enregistre lui-même la matière sonore qu’il utilise ensuite via ses machines, pose son chant, et parvient ainsi à dessiner un univers, à la fois très adapté à ce qui frémit autour de lui, mais aussi très personnel (« Lovely Bloodflow »). Son génie? User de mélodies simples au sein d’un contexte rythmique complexe, faire systématiquement le choix de sonorités douces et chaleureuses, puis rendre le tout accessible à tous, comme sur « Apologetic Shoulderblades » aux mille et un détails, ou sur l’excellentissime « Aminals ». Plus proche des élans electronica de Deru, Boards Of Canada, ou Flying Lotus que de certains bourrins du beat prenant également leur envol au dessus de la Cité des Anges, Baths s’applique ainsi à marier pop et electronica, à multiplier les démonstrations de délicatesse, comme sur les brillants « Indoorsy » et « Love Heart », hautement représentatifs de son registre.

Alors que son manque d’expérience lui tendait de multiples pièges, Baths ne fait ici aucune impasse qui aurait pu plomber son oeuvre. A la fois beau, dense, mélancolique, humble, technique, riche, et surprenant, ce premier album se permet même le luxe de prendre quelques risques, comme lorsque certains titres se dévoilent sur le tard (« Hall ») sans craindre de voir l’auditeur tourner les talons avant l’heure. C’est une certitude, Baths a énormément de talent à revendre, mais pourrait bien éclater définitivement à la face du monde s’il lui prenait l’envie de tout garder pour lui. Laissez vous éclabousser par l’eau du bain, doucement tiède et rafraichissante.

Disponible sur
itunes7

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