Badbadnotgood – « BBNG2 »

bbng180Album
(Autoproduit)
04/2012
Jazz-hip hop-electro

Attention, pépite. Alors que bon nombre d’acteurs de la scène hip hop ont souvent fait la démarche de s’intéresser au jazz pour la richesse de ses sonorités, c’est le chemin inverse que fait Badbadnotgood, collectif de jazzmen canadiens d’une vingtaine de piges qui, entre quelques compositions de leur cru, se fendent de magnifiques reprises sélectionnées sur le volet. Déjà auteurs de deux albums live et d’un premier volet studio qui n’avaient pas manqué de les introduire dans les milieux autorisés, ces irrésistibles gamins sont déjà de retour avec un deuxième long format de onze titres qui ne laissent jamais redescendre la pression et le buzz qui les entourent.

Enregistré en une dizaine d’heures seulement, cet album souligne plus que jamais le talent débordant du trio basse/claviers/batterie lorsqu’il plonge les titres du crew Odd Future (« Earl », « Bastard/Lemonade »), de James Blake (les excellents « Limit To Your Love » et « CMYK ») ou de Kanye West (« Flashing Lights ») dans sa sauce jazz à la fois moderne et urbaine. Là, il parvient non seulement à nous faire oublier qu’il n’a pas signé les originaux, mais aussi à pousser son registre jusque sur des territoires beaucoup plus surprenants, allant parfois jusqu’au post rock cinématographique. Une véritable performance qui ne fait qu’attiser la passion autour de cette démarche aussi culottée qu’assurée, appelée à séduire autant les adeptes les plus férus de jazz, de hip hop et d’electro.

Seulement, si les reprises alignées ici sont le plus souvent époustouflantes (à l’exception du « You Made Me Realise » de My Bloody Valentine, mal maîtrisé en clôture de l’album), les cinq compositions originales que Badbadnotgood intègre au tracklisting n’ont rien à leur envier, et ne viennent surtout en aucun cas briser la belle homogénéité que le trio déroule de bout en bout. Parmi elles – plus impressionnant encore que les moins digestes « CHSTR » et « DMZ » – « Vices », « UWM » et surtout « Rotten Decay » rappellent la recette chère à Fingathing ou Live Human fut une époque, varient les rythmes avec un naturel déconcertant, laissent tour à tour les instruments tenir la barre pour toujours revenir au sacro-saint groove d’une contrebasse qui leur colle sans cesse au train.

En pulvérisant si habilement les barrières qui se dressent entre les genres musicaux et leurs publics respectifs, Badbadnotgood prouve que le talent du musicien est beaucoup plus puissant que l’étiquette qu’on lui colle sur le dos. Grâce à ces trois génies, le mot « jazz » ne rebute plus, se rajeunit, et le hip hop n’est plus un ramassis d’idées moisies renfermées sous une casquette. « BBNG2 », c’est cela: mettre à la benne les idées reçues, et y mettre le feu. Melo-pyromanes de tous poils, allez-y en choeur: la discographie du groupe est en téléchargement gratuit ci-dessous.

En écoute et au téléchargement gratuit

« BBNG2 »


« BBNG »


« BBNGLIVE2 »


« BBNGLIVE1 »


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