Antipop Consortium – « Fluorescent Black »

anti180Album
(Big Dada)
28/09/2009
Avant garde

L’annonce de la reformation d’Antipop Consortium, allant de paire avec deux prochains albums pour le compte de Big Dada, fut incontestablement une des plus fracassantes de l’année 2008. Bien sûr, beaucoup d’interrogations (légitimes) entouraient cette « renaissance ». Quelle tournure allait bien pouvoir prendre la musique d’un groupe qui avait déjà maintes fois repoussé les limites de l’expérimentation et imposé un style qui, s’il n’a pas toujours fait l’unanimité dans le milieu du hip hop, trouvait un écho positif sur la scène rock, mais surtout chez le public electro?

La réponse ne se fait pas attendre: Antipop Consortium continue « simplement » sur sa lancée, en faisant fi des barrières musicales, quitte à laisser encore une fois quelques personnes en route, certainement pour en rallier encore plus à sa cause. Ainsi, les riffs acérés qui ouvrent ce nouvel opus font figure d’avertissement, et avec « Lay Me Down » les new yorkais donnent le ton de ce qui restera un album incontournable pour tous leurs fans. Le bien nommé « New Jack Exterminator » ou le spectral « Reflections » confirment parfaitement quant à eux cette intention d’exploiter une véritable marque de fabrique consistant à mixer le génie des Mc High Priest, M.Sayyid et Beans avec le talent novateur du beatmaker Earl Blaize. Peut-être plus sombre dans ses productions, ce dernier se montre toujours aussi hétéroclite, capable de proposer un son résolument hip hop (le génialissime « Shine ») ou d’absorber des influences plus electro, voire techno. Difficile en effet de ne pas penser à Carl Craig sur l’énorme « NY To Tokyo » feat Roots Manuva – seul invité par ailleurs – et de retrouver dans le dépouillement de « End Game » ou la frénésie de « Capricorn One » l’influence des artistes du label Warp, sur lequel ils signèrent « Arrhythmia » en 2002.

Tout cela pour finalement étaler leur propre style avec une maestria hypnotique, littéralement scotchante. « Superunfrontable », « The Solution », « Dragunov », et « Apparently » sont autant de claques intemporelles qui repoussent un peu plus loin les limites du groupe, qui réussit même à nous surprendre encore avec l’ingénieux «Born Electric», titre hybride et magistral mixant beat minimaliste et synthés torturés, introduit par un chant tendance glam-rock. « Volcano » et son refrain inattendu mais au diapason, et « Timpani » et ses timbales en guise de rythmique, étaient également imprévisibles. Et que dire du Hitchcockien, entêtant, glacial « Black Fluorescent » aux cris d’oiseaux qui le rendent tout aussi jouissif que les seize tracks qui composent ce disque, nouvelle preuve de l’avance considérable qu’Antipop Consortium maintient sur son époque. Pour cela, mais aussi pour leurs constants efforts avant gardistes qui les rendent de plus en plus inclassables, les new yorkais ajoutent « Fluorescent Black » aux « Funcrusher Plus » de Company Flow ou « Fear Of A Black Planet » de Public Enemy, soit parmi les pierres angulaires de la musique alternative.

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2 réponses à Antipop Consortium – « Fluorescent Black »

  1. Maxime 29 septembre 2009 à 21 h 29 min #

    Grand adorateur de Arrhythmia, absolument fantastique, j’ai vraiment hâte d’écouter le nouvel opus qu’on n’osait même plus attendre.
    La chronique est plus que rassurante, je m’attends à une des plus grosses claques de ma vie de musicophile.
    Arrhythmia date déjà de 2002 et a toujours des années d’avance sur ce qui se fait aujourd’hui en 2009.
    Incroyable.

  2. rome-hell 30 septembre 2009 à 20 h 20 min #

    mon coeur s’est mit a jouer des claquettes depuis le tragique épilogue et aujourd’hui je m’habille en camouflage rose fluo me préparant ainsi à la fin contre le milieu la tête toujours en feu… press forward

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