Alias – « Fever Dream »

alias180Album
(Anticon)
05/09/2011
Abstract hip hop

Le mec qui nous arrache de nos rêveries en cette rentrée s’appelle Alias. Et autant dire qu’on a affaire là à un homme d’expérience, qui connaît les ficelles du métier puisqu’il n’est ni plus ni moins que l’un des fondateurs d’Anticon, label désormais influent né à la fin des années 90. Encore quasi-anonyme pour certains tant il se fait discret derrière sa boîte à rythmes, il n’en reste pas moins un chimiste du beat, venu redorer le blason de l’oublié abstract hip-hop en le peignant d’electronica contemporaine avec assez de puissance dans les cuisses pour déboîter quelques cervicales. Après « Resurgam » qui repoussait les limites du trip-hop, c’est donc un nouvel Alias qui revient armé de ses machines pour un sixième album solo l’inscrivant confortablement en position de producteur du mois.

Ce « Fever Dream » le catapulte d’ailleurs dans une nouvelle direction justement réfléchie par les deux tracks d’ouverture qui mettent d’emblée un coup derrière la nuque: le beat hip-hop gorgé de mystère de « Goinswimmin' » se fond dans un tout organique produit avec la spatule du chef, tandis que « Wanna Let it Go » ne laisse pas d’autre choix que de continuer l’écoute en toute sérénité, aspirés que l’on est par cette mélodie aussi lourde que surnaturelle. La quête de rythmique intelligente d’Alias se poursuit avec le magnifique – bien qu’alambiqué – « Revl is Divad », avant de se durcir avec « Dahorses » laissant filer quelques samples vocaux à travers les mailles.

Celui qui a sérieusement bossé avec Sole, Dose One, la chanteuse Tarsier ou Slug se débrouille élégamment en solo, sans pour autant viser le big tune. Il ne laisse rien au hasard, construisant un ensemble homogène, honorant le concept même d’album. On plane à une altitude si rarement atteinte dans le genre qu’on manquerait presque d’oxygène: « Lady Lambin' » et son groove épais, un « Wrap » calorique ou, loin devant, « Talk In Technicolor » (avec Dax Pierson de Themselves au chant et aux claviers) talonnant les étoiles filantes, sont autant de compagnons de vol… Il peut y avoir un séisme, un tsunami, ou un incendie chez Anticon, peu importe: Brendon Whitney tient la baraque.

En écoute

Disponible sur
itunes16

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire