Zookeeper – « Becoming All Things »

Becoming All Things[Album]
06/11/2007
(Fanatic/Import)

C’est assez souvent que la musique d’un homme s’assagisse au fur et à mesure que celui-ci prend de l’âge. Les exemples se comptent par milliers, et l’une des dernières illustrations de ce phénomène somme toute naturel est Zookeeper, le tout récent projet de Chris Simpson (Mineral), ayant soudainement décidé de tout plaquer lors de la préparation du nouvel opus de The Gloria Record pour se lancer tête la première, en compagnie d’une dizaine d’anciens comparses et musiciens de Sad Accordions, dans ces nouvelles sonorités indie pop. Quel bien lui en a pris! Car, si un doute persistera toujours sur l’éventualité d’être passé à côté d’une très bonne livraison des shoegazers de The Gloria Record, « Becoming All Things » s’affiche incontestablement comme une des pépites les plus reluisantes de cette fin d’année, en provenance directe de la mine très prisée qu’est devenu Austin (Texas) depuis quelques temps

Simpson aura donc eu besoin de prendre quelques distances avec la musique pour revenir gonflé à bloc, et bourré d’inspiration, avec un nouveau projet sûrement plus en phase avec l’homme qu’il est aujourd’hui. Plus de considération inutile donc, l’Américain assume désormais un registre plus grand public qui lui va à merveille, en prenant sa guitare acoustique en bandoulière sans pour autant la ménager, et en se faisant accompagner de cuivres ou autres instruments récurrents dans le genre. Ici enregistré en studio mais dans des conditions live, le folk a le sourire, qu’il se retrouve emporté par quelques rythmiques enjouées (« Born With Things To Do », les tubesques « Snow In Berlin » et « Ballad Of My Friends »), ou baigné dans une mélancolie que le frontman maitrise assurément (« On Madison Way », « Becoming All Things », « Everyone’s a DJ », le sublime « Trumpet »)

Mais quelques écarts, psychédéliques (« Al Kooper’s Party Horn ») et soporifiques (« On High » et « Boy And The Street Choir » dépassant tous deux les sept minutes), viennent malheureusement égratigner la cohérence de ce disque, encore trop inégal pour que Zookeeper vienne sérieusement bousculer, par exemple, ses voisins d’Okkervil River. Il n’en est pourtant pas loin. C’est donc sereinement que Chris Simpson peut s’attendre à ce que son ancien public lui tire dessus à boulets rouges. Lui, au moins, a compris que ce n’est pas en se répétant et en répondant systématiquement aux attentes de son auditoire qu’il avancera. Voilà pourquoi on sait déjà que le deuxième album de Zookeeper marquera les esprits..

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