Zenzile – « Pawn Shop »

zen180Album
(Yotanka)
05/10/2009
Dub-electro

Quand un groupe possède déjà cinq maxis et sept albums à son actif, dont un dernier en date ayant bluffé tout le monde par son audace, autant dire qu’on se demande ce qu’il va encore pouvoir offrir de nouveau à son public… C’est exactement la question qui se pose avec la sortie de «Pawn Shop», huitième LP du quintet Zenzile, qui ne semble pas encore décidé à se reposer sur ses lauriers après déjà treize prolifiques années de carrière… Malgré la difficulté de l’exercice, il plane sur cette nouvelle galette un air de sérénité et d’assurance sagement acquises avec le temps, qu’aucun de ses détracteurs ne pourra nier. Car si Zenzile avait effectivement réalisé un véritable coup de maître avec l’incroyable et inventif «Living In Monochrome» en 2007, «Pawn Shop» semble plutôt sonner l’heure de la stabilité, reflétée par le choix de Jamika Ajalon et David K. Alderman, deux collaborateurs de longue date, comme seuls chanteurs présents sur cet album. Il sonne aussi celle d’un certain retour aux sources bien mérité, comme l’illustrent «White Spirit», qui transpire les sonorités vaporeuses et spectrales du bon vieux «Sound Patrol», ou encore «Mind Over Matter» feat. Jamika, qui renvoie aux plus belles collaborations du combo avec la poète anglaise. Zenzile ne s’est pas pour autant affranchi des influences rock qui traversaient ses deux précédents opus (notamment relayées par Alderman, lancinant dans le torturé «Caution Horses», et par les guitares mélodiques et le son volontairement crasseux de l’instrumental «Motorbremsen»), ni de son statut d’explorateur musical hors pair (perceptible dans l’électro-pop novatrice mais un peu casse-tête de «Fire Eater»). Mais il semble en tout cas remettre au cœur de ses compositions le dub de ses débuts, perceptible dans la lourdeur et le vrombissement des basses, les effets triturés en tout genre ou les sombres ambiances hivernales («Histoires de Papiers», «Life’s A Dance», «The Crooked Man», «National Quota»). C’est donc principalement cet aspect que l’on retiendra de «Pawn Shop», qui décevra peut-être ceux qui attendaient encore plus de cette huitième galette au sein d’une discographie déjà extrêmement variée. Néanmoins, si Zenzile n’a certes pas apporté une réponse révolutionnaire à notre question de départ, il confirme posément et honorablement son titre de grand ponte de l’électro-dub-rock français au travers de son style inégalé et inégalable, toujours aussi réjouissant. Et c’est déjà beaucoup!

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