Zach Hill – « Astrological Straits »

Astrological Straits[Album]
11/08/2008
(Ipecac/Anticon/Differ Ant)

On a beau s’attendre pertinemment à un disque totalement barré, difficile de ne pas se laisser aller à une saine curiosité quand il est à la fois étiqueté Ipecac et Anticon, deux labels souvent synonyme de qualité et d’avant gardisme. Zach Hill et son album « Astrological Straits » sont les heureux bénéficiaires de cette double attention qui leur va comme un gant.

Ceux qui connaissent déjà Hella, chez qui l’homme officie derrière les fûts, n’en seront pas surpris, l’ambiance générale de cet album se rapprochant grandement de celle du duo qu’il forme avec le guitariste Spencer Seim. C’est donc bien de l’album solo d’un batteur qu’il s’agit, autre élément perturbant et pour le moins original qui ne fait que mettre en valeur ses autres talents, dont celui de s’octroyer une totale liberté sans même se laisser emprisonner par son instrument: chose à laquelle il s’est habitué aux côtés d’artistes divers et variés partageant cette notion, qu’il s’agisse de Team Sleep, de Nels Cline (Wilco), de Mike Patton, de Joanna Newsom, ou d’Omar Rodriguez Lopez (Mars Volta). Ce sont d’ailleurs toutes ces expériences, y compris celles de ses millions de side projects, que Zach Hill a emmagasiné tout au long de ce « Astrological Straits » pour en faire une oeuvre des plus personnelles. Et cela, bien qu’un casting de luxe dévoué, avec qui il partage la même conception de la musique, l’entoure durant cette grosse dizaine de titres: de Les Claypool (Primus) à Marnie Stern, en passant par Chino Moreno (Deftones/Team Sleep), No Age, Tyler Pope (LCD Soundsystem/!!!), pour n’en citer que quelques uns seulement tant la liste est encore longue. Avouez que, sur le papier, ce disque est en tous points excitant. Reste qu’on nage dans un décor rendant pour le moins sceptique quant à la bonne digestion de ce disque, surtout qu’il flirte avec l’heure. On vous accorde donc votre moue, justifiée par quelques titres trop démonstratifs et un brin assourdissants, tout juste bons à vous décider à une bonne cure de Doliprane (« Iambic Strays », « Street People », « Hindsight Is Nowhere », « Uhuru »). D’autres, en revanche, illustrent magnifiquement toutes les idées que Zach Hill peut ruminer derrière sa batterie. Parmi elles, « Dark Art », « Keep Calm And Carry On », et « Astrological Straits » possèdent assez de groove et de mélodie pour empiéter sur le terrain des Subtle et TV On The Radio, les déferlantes rythmiques des « Toll Road » et « Stoic Logic » ne sont en rien asphyxiantes, et le funk électrique et rêche de « Ummer » finit de titiller l’enthousiasme. Si on n’attendait pas moins d’originalité de sa part, ce nouvel album n’en reste pas moins une référence obscure, destinée avant tout aux victimes d’une sévère addiction à l’avant gardisme

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