Yak Ballz – « $cifentology II »

$cifentology II[Album]
01/02/2008
(Flospot/Import)

Quoi de pire en 2008 que de courir après une reconnaissance acquise depuis des lustres par d’autres artistes de sa génération, celle du hip hop indépendant de la fin des années 90 en l’occurrence. Cette situation, Yak Ballz semble pourtant bien la vivre, lui qui, il y a une dizaine d’années de cela, sortait des maxis et participait aux compilations des très en vue Fondle Em Records et Def Jux (« The Freakshow »). Déjà, le new yorkais se démarquait par un flow à la fois atypique et passe partout, qui n’est pourtant pas parvenu à satisfaire tous les espoirs placés en lui au moment de « My Claim« , un premier album pourtant plein de bonnes intentions, sorti en 2004 chez Eastern Conference, label tombé depuis aux oubliettes dans la plus injuste indifférence

Et si quatre ans séparent ce « $cifentology II » de son prédécesseur, Yashar Zadeh (dans le civil) n’a pas chômé, cultivant une personnalité qui aura été bénéfique aux albums sur lesquels il est apparu en featuring, tout comme aux Weathermen dont il est partie prenante aux côtés d’El-P, Cage, Aesop Rock, Tame One, Camu Tao, et Breezely Brewin, grâce à un sens de l’écriture bien à lui. Un atout qu’il ne manque d’ailleurs pas de mettre une nouvelle fois en évidence sur ce nouvel opus, suite de la riche expérience « Scifentology », mixtape sortie en 2006 et unanimement accueillie, vantant les mérites de la marque de vêtement Scifen. Et tout au long de ces treize nouveaux titres, Yak Ballz enfonce le clou, ose, aligne les rimes comme des productions variées, partagées entre la puissance du rock (« Blind Faith », « Nuclear Society »), le groove d’une contrebasse (« YBTV »), ou la légèreté d’un piano (« A Billion Ways »), preuves d’une ouverture d’esprit qui confortera ses fidèles et saura attirer les faveurs d’un public tout excusé qui n’aura jamais eu l’occasion d’entendre ses premiers pas discographiques

Pour l’occasion, certains de ses compères Mcs (Cage, Tame One, Slow Suicide Stimulus) répondent présents, tout comme des producteurs à la crédibilité certaine (Aesop Rock, Camu Tao, Mondee, Chapter 7, Chris Maestro, et Govone) offrent un peu plus de poids encore à ce nouvel album définitivement ancré, sans être englué, dans les stéréotypes d’un hip hop indépendant made in New York déjà largement défendu par des artistes de la trempe de Rob Sonic. A tel point qu’à l’écoute des excellents « Out Of Range », « Future Deluxe », « Dirt Empire », « Trust Is a Timebomb », et « Taking Good Care », on n’en finit plus de se demander pourquoi El-P n’a pas eu le bon sens de prendre définitivement Yak Ballz sous son aile, plutôt que de le laisser aux mains de Flospot Records le condamnant encore une fois à un cruel quasi anonymat. A nous de rattraper le coup désormais..

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