Wu Tang Clan Meets Indie Culture – « Enter The Dubstep »

wu180Album
(iHip Hop)
10/11/2009
Hip hop vs dubstep

On avait déjà presque oublié le premier volume du « Wu Tang Meets Indie Culture », sous titré « Think Differently Music« , qui faisait s’affronter quelques uns des meilleurs Mcs d’Amérique du Nord et certains membres éminents du Wu Tang, le tout sous la houlette d’un RZA bien inspiré. En une vingtaine de titres, le crew mythique faisait coup double en ravivant l’enthousiasme de son fidèle public, comme en tendant la main à un autre beaucoup plus underground qui cherchait alors en vain un hip hop de qualité à se mettre enfin sous la dent. Quatre ans plus tard, la prise de risque est toute autre. Sur « Enter The Dubstep », deuxième volume de la série, des voix du Wu – essentiellement tirées du catalogue Babygrande – viennent se frotter au dubstep anglais, ce mélange assez minimaliste de 2 step, de drum n’bass, de dub et de hip hop qui ne cesse de faire parler de lui depuis quelques mois, notamment depuis l’explosion médiatique provoquée par Burial. C’est donc dans un univers original pour eux que les fans purs et durs du Wu Tang risquent de se retrouver en suivant cet album à la trace, aux titres remixés par de nombreux djs reconnus au sein de ce microcosme musical tellement émergent qu’il en est presque rendu à s’essouffler. Et c’est un peu le seul défaut de ce « Enter The Dubstep ». Car il n’y a pas grand chose à reprocher aux productions franches, aux sonorités à la fois métalliques et froides qui jonchent un tracklisting prêt à rabibocher définitivement les derniers hésitants entre electro et hip hop. Pour preuve, c’est quand les petits génies anglais y vont franco que le résultat est le plus probant. En effet, plus que les remixes de Rogue Star (« New Year Banga »), Matt U (« Knuckle Up »), et Scuba Scythe (« Street Corners ») un brin gentillets, on retiendra surtout cet album pour quelques productions beaucoup plus achevées qui n’ont pas oublié pour autant de coller à l’univers du Wu Tang. Parmi elles, attardez vous par exemple sur le sombre et cinématographique « Cinema – Chimpo Remix », le plus tordu « Now Or Never – Parson Remix », les enlevés « Keep Hustlin – Trillbass Remix » et « Handle The Heights – Stenchman Remix », ou sur la couleur electro-ghetto de « Iconoclasts – Syndaesia & AKS Remix »: autant de tracks qui reflètent parfaitement l’esprit de ce double album de 19 titres relativement cohérent, mais qui voit malheureusement le jour avec quelques mois de retard. Car cette couleur electro, dubstep plus précisément, qui plane tout au long de l’écoute n’étonnera finalement que ceux qui auront tardé à ouvrir leurs œillères. Les autres n’y verront rien d’autre qu’un peu de plaisir toujours bon à prendre.

En écoute:
Cinema – Chimpo Remix

Keep Hustlin – Trillbass Remix

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