Wu Lyf – « Go Tell Fire To The Mountain »

wu180Album
(Lyf Recordings)
10/06/2011
Indie rock

Calculée ou non, la (non)communication autour de Wu Lyf carbure avec succès. Jugez sur pièces: sans même avoir pris la peine de sortir un disque – si ce n’est un maxi aujourd’hui introuvable – le groupe a réussi à provoquer un battage médiatique rare, à dérouter toute l’industrie journalistique, jusqu’à susciter l’intérêt du Figaro Magazine. C’est pour dire… Collectif au sein duquel l’individualité n’a pas de place (selon les dires du chanteur-claviériste Ellery Roberts), Wu Lyf , à la fois pertinent et visiblement sincère dans son auto-gestion, bâtit ainsi depuis plus d’un an des brûlots musicaux ou écrits, et déconstruit à sa manière tous les repères auxquels l’industrie musicale nous avait habitué jusque-là. Sur le fond, « Go Tell Fire To The Mountain » se devait ainsi d’être aussi impressionnant que l’excitation qu’il provoque.

En premier lieu, cet album baigne pleinement dans  l’atmosphère de l’église ou il fut enregistré, l’écho et l’orgue en étant les principaux fils rouges finissant de conférer cette dimension messianique aux dix compositions. Fort heureusement pour eux, en termes de filiation mancunienne, Wu Lyf lorgne plus chez Joy Division et The Fall que chez Oasis. Décomposé,  »Go Tell Fire To The Mountain » trouve alors autant ses sources dans le gospel que dans l’afropop, le post-rock ou encore le post-punk, sans jamais scinder ses influences. Le tout formant en effet un maelström de sonorités familières, encore jamais entendues simultanément. Malgré d’évidentes lourdeurs, le combo parvient néanmoins à accrocher l’oreille avec quelques titres haletants (« Cave Song », « Summa Bliss », « We Bros »), avant d’atteindre son sommet sur « Spitting Blood » et ses choeurs enlevés. Enfin, sur « Concrete Gold » dont la fièvre n’est pas sans rappeler « Total Life Forever« ,  « Go Tell Fire To The Mountain » dévoile peut-être aussi la référence Foals, encore peu citée jusqu’ici.

Malgré toutes ses promesses, ce premier Wu Lyf est si homogène qu’il en devient rapidement rébarbatif, plombé aussi peut-être par la voix d’Ellery Roberts, véritable chien hurlant difficilement supportable sur la longueur. Certes, ce dernier semble vivre sans tricher les émotions que sa propre musique lui procure, mais n’empêche pas l’expérience de se révéler proche du calvaire parfois. Brut de décoffrage, « Go Tell Fire To The Mountain » est aussi essentiellement axé sur la révolte. Or, cette dernière gagnerait à fédérer sur la longueur, en apportant quelques nuances à cette colère. Pour le moment, la révolution Wu Lyf a beau se dérouler sous nos fenêtres, ces Anglais, malgré ce que la presse musicale bien pensante veut bien leur accorder, n’ont pas encore assez d’arguments pour faire sauter les cul-de-jattes.

Disponible sur
itunes27

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