Woods – ‘City Sun Eater In The River Of Light’

Album / Woodsist / 08.04.2016
Indie – eithiopop

Groupe en perpétuelle évolution, Woods a – en dix ans d’activisme – progressivement coupé les ponts avec la lo-fi et la spontanéité des débuts, pour élargir ses influences. Originaire de Brooklyn, banlieue branchée de New-York devenue vivier de musiciens curieux et cultivés, le groupe profite sans doute de cette émulation omniprésente pour ne pas s’endormir sur ses lauriers et évoluer dans de multiples directions.

En janvier dernier, il dévoilait ainsi son nouveau single ‘Sun City Creeps’, surprenant par son virage éthio-jazz. Guitares reggae, thèmes de cuivres feutrés, percussions, tonalités en suspension… Tous les ingrédients du style y sont tandis que la connexion woodienne est assurée par la voix de Jeremy Earl, en falsetto intrigant et rapidement familière, qui prend également de l’assurance et de l’expressivité au fil des albums. Pour assurer la continuité, le morceau s’achève sur un jam de guitare sur fond de rythmiques psychédéliques répétitives, composante essentielle de leurs concerts et base du morceau de bravoure éponyme de ‘With Light and With Love‘ (2014).

A l’image de ce single, ce neuvième album attendu de Woods reprend les ambiances du précèdent en l’augmentant de cette nouvelle couleur savamment distillée au gré de l’ensemble. Parfois très directes (‘The Take’) ou plus discrètes (‘The Other Side’ ou couplet reggae-dub et refrain parfaitement pop s’articulent naturellement), ces sonorités se retrouvent tout au long du disque. Certains passages plus tordus émergent parfois, comme ce sample dissonant de flûtes sur ‘Hang It On Your Wall’, ou la basse tortueuse de ‘I See In The Dark’. Toujours, la voix de Earl irradie l’ensemble d’une lumière pop en se démultipliant en harmonies, choeurs et contrepoint.

Sur une base résolument soft rock 70’s teintée de psychédélisme (‘Can’t See At All’ et son farfisa, ‘Creature Confort’ soul avec wurlitzer et guitare wahwah), chaque morceau contient pléthore d’idées mélodiques et d’articulations complexes mais toujours fluides. Déstabilisant au premier abord, la valeur ajoutée ‘éthiopique‘ fonctionne finalement très bien, l’écriture indie-pop restant présente en filigrane (‘Politics of Free’, ‘The Other Side’, ‘Hollow Home’). On retrouve également sur ‘Morning Light’ les sonorités country d’une pedal steel introduite dans le disque précédent. Avec ses morceaux bien construits, un jeu en finesse et précision, un vrai souci du détail, le talentueux savoir faire de Woods fait mouche une fois de plus.

‘Sun City Creeps’, ‘I See In The Dark’

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