Wolf People – « Fain »

Album
(Jagjaguwar)
29/04/2013
Heavy folk

Wolf People, en quelques mots, serait la copulation romantique de Led Zeppelin et de Jethro Tull lors d’un dimanche de grisaille sur une aire de pique nique d’un Yorkshire verdoyant. Difficile de ne pas évoquer ces deux références pourtant monumentales – ou encore celle de Fairport Convention – quand on doit aborder le sujet.

Déjà forts d’un premier LP (« Tidings », sorte de compilation de singles), les anglais avaient surpris leur monde en 2010 en publiant « Steeple », un véritable chef d’œuvre dont la classieuse « Silbury Sands » en ouverture promettait que ces petit gars barbus iraient loin. Avec un passage aux Transmusicales dans la foulée, le chemin était tout tracé. Puis, petite disparition le temps de bosser sur ce « Fain » dans un studio rural du Yorkshire, histoire de ressentir cette Angleterre rustique et traditionnelle aux dires du groupe, et de dévoiler le premier single « All Returns » qui, il faut bien le dire, renvoyait directement à l’efficacité du précédent album de par une complexité prog-rock indéniable pour une fluidité d’écoute surprenante. Suffisant pour mettre l’eau à la bouche.

Dès l’ouverture, le premier titre nous rappelle pourquoi Wolf People est un groupe à part, au style si particulier: un heavy folk au bord du gouffre revivaliste dans lequel beaucoup ont chuté. Ce « Empty Vessels », aux riffs de guitares qui s’entrecroisent, s’écoute trois fois de suite, pour saisir la structure d’un morceau qui, à défaut d’être compliqué, nous offre toute l’essence du combo: quatre jeunes types que l’on aurait congelé en 1973 et qui, sortis de leur frigo à la fin des années 2000, se seraient affranchis de tous ce que l’Angleterre a pu produire depuis, en positif comme en négatif. Comme son prédecesseur, « Fain » coule tout seul, et enchaine les titres à la fois puissants et mélodiques, abrasifs et harmonieux, au sein desquels on ressent parfois le sens de l’harmonie d’un Fleet Foxes à qui on aurait donné un peu d’amphétamine, flanqué le bagout guitaristique d’un Jimmy Page moderne et les arrangements d’un Jethro Tull sorti de terre.

A six compositions énergiques succèdent alors les sept minutes planantes de « Thief » confirmant la très bonne qualité du cru. Mais quoi de véritablement nouveau depuis « Steeple » puisqu’on renoue ici avec les mêmes émotions, la même intensité, les mêmes qualités pour si peu de défauts? Wolf People a beau être un excellent groupe composant des bijoux progressifs à la teneur folk-psychédélique, « Fain » a beau être très peu reprochable également, reste encore à savoir si les londoniens arriveront un jour à se renouveler, à s’extirper de la masse des groupes anglais pour finalement saisir la place qu’ils méritent: sans doute pas très loin du sommet.

En écoute intégrale

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