Wolf Parade – ‘Cry Cry Cry’

Wolf Parade – ‘Cry Cry Cry’

Album / Sub Pop / 06.10.2017
Indie rock


Si la résurrection tardive de Broken Social Scene jetait déjà un premier pavé dans la mare, celle de Wolf Parade après six ans d’absence en fait une évidence : Arcade Fire n’aura pas le monopole de la scène pop de Montréal. Et connaissant la grande qualité des musiciens du cru, on aurait tendance à prendre ça comme une sacrée bonne nouvelle à l’heure ou Win Butler et sa bande semblent naviguer à vue.

Un an après avoir fait leur retour à l’occasion de quelques concerts et d’un nouvel Ep, Spencer Krug et Dan Boeckner se jettent donc une nouvelle fois pour de bon dans le grand bain avec ‘Cry Cry Cry’, un quatrième album plus épuré que ses prédécesseurs qui transpire leur envie de reprendre dignement la place qui leur est due. Et pour cause, fidèles à leur complémentarité de toujours, les deux livrent ici une succession de tubes indie rock débarrassés de leurs superflus.

Ainsi, une fois passé un ‘Lazarus Online’ d’ouverture qui n’est pas sans rappeler ce Ghinzu se faisant décidément attendre, Wolf Parade se dévoile de toutes ses forces : dès leurs premières notes, ‘You’re Dreaming’ et ‘Valley Boy’ ne montrent aucune faiblesse, s’imposent comme des singles évidents au sein de ce registre dont le coeur balance constamment entre pop et post punk. Fort de sa science du refrain imparable déjà déclinée de nombreuses fois par le passé, le groupe retrouve ses automatismes, extirpe ainsi certains de ses morceaux de la banalité (‘Incantation’), et se laisse même aller à quelques rallonges ‘expérimentales’ sur fond de confrontations guitare/synthé inattendues à défaut de marquer véritablement les esprits (‘Baby Blue’).

Revenu en pleine période électorale américaine, le duo publie là par la même occasion son album le plus engagé politiquement. Ainsi, sous le vernis pop qui le recouvre, Krug et Boeckner adressent quelques droites à Donald Trump, au détour d’une phrase reflétant un pessimisme ambiant, ou d’un morceau tout entier (le final ‘King of Piss and Paper’). Wolf Parade revient donc à ses racines, celles de ‘Apologies to the Queen Mary’ qu’il n’est pas loin d’égaler ici, et tente autant qu’il le peut de remettre les guitares au goût du jour. Pourvu qu’il se fasse entendre.

VIDEO
ECOUTE INTEGRALE

A ECOUTER EN PRIORITE
‘You’re Dreaming’, ‘Valley Boy’


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