Wolf Parade – « At Mount Zoomer »

At Mount Zoomer[Album]
23/06/2008
(Sub Pop/Pias)

Bien cachée derrière Arcade Fire, la scène rock de Montréal ne manque pas de dignes représentants, qu’il s’agisse des groupes Arts & Craft (Broken Social Scene, Stars, The Most Serene Republic…) ou de Wolf Parade dont le parcours semble être bien accroché à celui des auteurs du « Funeral » devenu incontournable.

En effet, on pourrait presque parler de parrainage puisque c’est à leurs côtés que le quatuor fait ses grands débuts sur scène en 2003, et dans leur église qu’il établit les bases de ce « At Mount Zoomer », successeur d’un premier « Apologies To The Queen Mary » qui ne manqua pas de lui mettre une pression non négligeable sur les épaules à la veille de ce nouvel album. Mais, c’était sans compter sur la marque de fabrique québécoise, peu enclin à tomber dans la facilité, à répéter bêtement une recette qui marche. D’ailleurs, Wolf Parade n’aura pas hésité longtemps pour oublier définitivement la poignée de titres trop ressemblants qu’il avait composés juste après ce premier opus. « At Mount Zoomer » est donc une toute autre histoire, celle d’un groupe ayant trouvé son unité et bien désireux de la faire transpirer sur bande, chose qui n’était pas forcément le cas par le passé, alors dangereusement dicté par un duel de personnalités entre Spencer Krug (The Sunset Rubdown) et Dan Boeckner (Handsome Furs). En trois ans, Wolf Parade est donc passé des allures de rafistolage à une solide et respectueuse maturité (« Call It a Ritual », « Bang Your Drum », « California Dreamer »), celle qu’on aimerait pouvoir entendre de la part de chacun des groupes de rock. A l’instar de Band Of Horses, et toute question de goût mise à part, le quatuor sonne comme la garantie de ne pas tomber dans le piège si récurrent des disques vite faits bien faits, bien abrités par un tube. D’ailleurs, malgré une plus grande attention portée aux mélodies plutôt qu’aux rythmiques (à l’exception de « The Great Estates »), pas de hit ici, si ce n’est peut être « Language City » qui prouve à quel point ces Canadiens manient avec habileté les ficelles de la pop. A l’image des onze minutes du final « Kissing The Beehive », ce nouvel opus marque délibérément un pas de côté vers le prog qui ne fera peut-être pas l’unanimité chez tous les adorateurs de « Apologies To The Queen Mary ». Il n’en est donc pas meilleur, ni moins bon, juste différent, et tout aussi bien maîtrisé par deux Canadiens en passe de devenir deux références de l’indie rock actuel

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