Wires Under Tension – « Light Science »

wires180Album
(Western Vinyl)
07/12/2010
Post rock galactique

Wires Under Tension ne vous sciera sûrement pas autant les pattes qu’aux autres si vous avez déjà eu l’occasion de parcourir la discographie de Slow Six, ce groupe qui s’évertuait à raccourcir le fossé entre les musiques classique et populaire. Et pour cause, grandement responsables de la couleur de chacun d’eux, le violoniste Christopher Tignor et le batteur Theo Metz en sont leurs éléments communs. En effet, après la sortie de « Tomorrow Becomes You » l’an passé, le duo s’est écarté du collectif pour s’en aller créer ce nouveau projet, tout en s’accordant quelques contributions extérieures pour enrichir sa musique. Qu’elles soient cordes ou cuivres surtout, toutes sont l’oeuvre d’une demi-douzaine d’intervenants contribuant pleinement à l’atmosphère dramatique qui se dégage de la plupart des compositions. En résulte un premier disque atypique intitulé « Light Science »: sept titres oscillant entre trois et sept minutes qui bâtissent un ensemble que l’on qualifierait avec précaution de post rock. Majestueux, cinématographique, profond, riche et mélodique, complexe mais accessible, jamais trop intello ni élitiste bien que millimétré, l’album se voile aussi de nombreux arrangements électroniques qui contribuent à son immédiateté. Ainsi, de l’entame « Electricity Turns Them On » jusqu’à l’étiré « ??????, ??????? », Tignor et Metz composent leur petit opéra, se jouent des structures rythmiques, peaufinent l’orchestration sans jamais dépasser les limites autorisées. Souvent proche d’un mariage en grande pompe entre Tortoise et le Cinematic Orchestra, Wires Under Tension alterne les petits plaisirs, enivre jusqu’à faire tourbillonner les émotions (« Wood, Metal, Bone ») pour mieux resituer les choses ensuite à grands coups de groove et de mélodies (« Position And Hold »). Incontestablement, « Light Science » est un album intelligent mis au monde par deux experts sachant parfaitement ou ils voulaient nous mener. Assez matures aussi pour n’en proposer que 33 minutes. Plus aurait peut-être condamné ce disque à ne jamais être écouté jusqu’à la fin. À l’inverse, c’est toujours avec plaisir qu’on ne peut s’empêcher de régulièrement y revenir, comme habité par ce sentiment de ne pas avoir encore percé tous ses mystères.

Disponible sur
itunes16

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