Wire – « Red Barked Tree »

wire180Album
(Pink Flag)
17/01/2010
Post punk

Laissez passer six ans, et Wire soufflera ses quarante bougies pour autant d’années d’existence au sein de la scène musicale, à souvent faire preuve d’avant gardisme au risque de ne pas toujours faire l’unanimité. Pourtant, à la veille de la sortie de son nouvel album « Red Barked Tree », le combo anglais ne jouit toujours pas de la réputation qu’ont obtenu bon nombre de groupes après lui, ceux qu’il a d’ailleurs le plus souvent lui-même influencé. Mais pas de quoi s’attrister pour la bande de Colin Newman tant elle a toujours pris soin de fuir ce statut d’icône qui lui tend pourtant encore les bras aujourd’hui.

Pilier incontestable du genre post punk, Wire s’est toujours distingué des autres formations punk par la complexité sous jacente de ses compositions, les effets de ses guitares, ses synthétiseurs, comme par la richesse de ses arrangements. Ce douzième album studio n’échappe pas à la règle. S’il parait mou et presque dénué d’inspiration aux premières écoutes, « Red Barked Tree » révèle vite sa teneur mélodique (« Please Take », « Smash »), laisse éclater quelques titres aiguisés comme jamais (« Moreover ») et ne manque pas d’adresser quelques francs coups d’oeil à sa longue discographie (« Two Minutes », « Clay ») pour mieux continuer à dérouler le fil de sa carrière emblématique. Puis, comme à chaque disque, Wire souligne son éternel pouvoir de surprendre, notamment lorsqu’il parvient à décontenancer ses fidèles via l’intrusion d’une guitare acoustique – comme sur un « Adapt » aussi shoegaze et folk écorché que trompeur – ou qu’il bastonne un des titres les plus denses qu’il ait jamais composé (« Two Minutes »).

Trente quatre ans au compteur, et Wire parvient donc une nouvelle fois à se régénérer sans trop de mal quand d’autres s’essoufflent le temps de deux ou trois disques. Proche du son live du groupe, « Red Barked Tree » restera peut être comme un de ses disques les plus fédérateurs tant il synthétise, fait disparaitre les rides, et confirme le statut intemporel d’un combo (un morceau comme « A Flat Tent » à l’appui) qui parvient encore à passionner ses foules à défaut de faire rêver la masse. C’est plutôt bon signe pour l’avenir.

En écoute

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itunes6

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