Winston McAnuff – « Paris Rockin »

Paris Rockin[Album]
23/10/2006
(Makasound/Pias)

C’est le signe des grands artistes: qu’ils agissent en solo ou qu’ils collaborent, ils parviennent constamment à sublimer un disque. Winston McAnuff est incontestablement de ceux-là, sa carrière solo parlant pour lui, ainsi que son dernier album « The Drop » mis au monde avec l’aide de Camille Baz Baz. C’était il y a un an maintenant, et en arrivant à Paris, il ne pensait sûrement pas enchaîner sur un nouveau projet partagé et surprenant. Et pour cause, c’est Java qu’il enrôle dans son monde, dans ses éternelles consonances reggae auxquelles il ne se limite pourtant pas. Car Winston possède une voix qui lui permet de bousculer les clichés, d’emmener son public reggae dans des contrées originales et imprévues. « Paris Rockin » s’inscrit complètement dans cette démarche du fait de ses nombreux clins d’oeil à la soul et à la musette, un mariage de deux genres musicaux sur lequel on n’aurait pas parié un copeck

Sous l’impulsion de R.Wan, chanteur de Java qui vient d’ailleurs de sortir son album solo chez Makasound, la petite troupe (composée entre autres de musiciens de Java, M, Bumcello, Chok Rock) se retrouve autour de McAnuff et de Fixi, accordéoniste du combo parisien, pour quelques sessions d’enregistrement joviales desquelles sortiront une quinzaine de morceaux, pourtant loin d’être achevés. Car il faudra l’oreille affinée de l’ingénieur du son Lucas Chauvière, les arrangements de Fixi (pour que cordes, cuivres, percussions et accordéons viennent s’ajouter), les choeurs des Congos (de passage à Paris) ici ou là, et la guitare de M (oui, oui, notre M national!) sur neuf morceaux pour que ce « Paris Rockin » atteigne enfin son résultat final

Le nouvel album de Winston McAnuff arrive donc dans les bacs, baigné de très nettes influences soul (« Roamer », « Paris Rockin » et ses cordes), et enrichi de quelques touches bien françaises (« Don’t Play »). Mais rassurez vous, à aucun moment, il ne sent les rillettes et le vin chaud, et se révèle plutôt original et profond (« Treat Me Good »). « Paris Rockin » ne souffre d’aucune lourdeur, nage dans un groove efficace, tandis que les fondamentaux reggae sont toujours plus ou moins sous jacents. Le moindre détail fait son effet (du riff de guitare de « Rock Soul », à la chaleur rythmique de « Return To Sender », en passant par l’intervention de R.Wan sur « Paris Rockin »), transforme ce disque en véritable ovni d’une homogénéité rare, alors que la barre était pourtant placée bien haut avec les excellents « Wretched State » et « Ras Child »

Pendant que certains préfèrent la jouer classique en ne prenant aucun risque, que d’autres frisent le ridicule en en prenant, Winston McAnuff joue d’assurance, de maîtrise, et de personnalité on ne peut plus affirmée, pour foncer droit vers une reconnaissance méritée. Enfin, a t-on envie de dire. Mais, avec tout notre respect, n’est-ce pas dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe

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