Winston McAnuff – « Nostradamus »

Nostradamus[Album]
20/10/2008
(Makasound/Pias)

Après avoir diversifié sa musique auprès d’artistes français aux facettes musicales éclectiques sur son dernier album (« Paris Rockin’ » en 2006), Winston McAnuff revient avec un projet beaucoup plus reggae, ancré dans la culture jamaïcaine de ses débuts. Il partage la scène avec la clique habituelle de la série Inna De Yard, c’est-à-dire Clive Hunt, Earl Chinna Smith, Leroy Wallace et bien d’autres. On retrouve même la section cuivrée des Faya Horns, dont la première production très dub a su séduire pas mal de monde cet été.

Pour ce retour aux sources, et comme l’annonce sa voix d’une gravité convaincante et séduisante dès le tout premier morceau, McAnuff reprend le chant mystique de ses débuts. « Mix Up Moods » présente un mélange ahurissant de percussions nyabinghi, de résonance dub, et d’envolées à l’accordéon. Puis le rythme se fait plus chaloupé sur « Nostradamus », ou les cuivres s’en donnent à coeur joie pour soutenir des lyrics conscients: un titre classique mais rudement bon. « Slave Driver » n’est pas la reprise du morceau bien connu, et lorgne même plus du côté des instrumentaux qui ont fait la renommée d’Alpha Blondy dans les années 80. Sa basse nous entraîne dans le zion directement, accompagnée de percussions rebondissantes. Aussi, « Vain Imagining » persiste dans cette voie, et cette fois ci le phrasé de Winston McAnuff est entouré de choeurs chaleureux. On reste là dans le reggae 80’s et, finalement, on ne s’en plaindra pas car le tout est très bien ficelé

Mais que serait un album de McAnuff sans une composition découlant directement de la soul? « Takin It All » s’y colle, avec légèreté, pour une chanson qui passe tout en souplesse. L’esprit Inna De Yard évoqué en introduction, qui a fait sa renommée par l’authenticité épurée de ses enregistrements acoustiques, amène lui aussi une touche de diversité via « Love Is The Song I Sing », emmené par une guitare, du chant, un soupçon de flûte renvoyant inna Kingston city pour une ballade planante hyper langoureuse. La seconde moitié de l’album est de la même trempe: on voyage aux côtés de tous ces musiciens talentueux sans ressentir la moindre lassitude, et chacune des pistes a une identité propre. « The Bait », par exemple, avec sa batterie dub et le refrain plein de tristesse chanté par Winston, reste dans la tronche dès les premières mesures

« Nostradamus » est sans conteste l’un des très bons enregistrements reggae de l’année. Grâce à cet album complet, on perçoit à nouveau tout le talent d’un artiste comme McAnuff, qui sait à la fois ouvrir sa musique au monde, mais également revenir à ses racines avec brio

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