William Fitzsimmons – ‘Lions’

Album / Nettwerk / 17.02.2014
Folk

A entendre le folk de William Fitzsimmons, on serait tenté de le rapprocher de pas mal de groupes insipides qui ont fait les belles heures du genre ces derniers temps, en France notamment. Ce serait sous estimer le fossé qui les sépare. En effet, au delà d’avoir une voix et une gueule, le songwriter a une histoire qui pèse sur chaque note de ses disques, et qui creuse toute la profondeur de récits aussi brillants que complexes et personnels. Psychothérapeute de formation, né de parents aveugles dans un foyer ou les sons et la musique ont pris tout naturellement une place plus importante que chez d’autres, il compose chaque fois avec un sentiment de responsabilité, parfois trop lourd pour laisser une totalité liberté à son inspiration.

Pour ‘Lions’, Fitzsimmons a justement voulu échapper à ça, a repris les choses le plus simplement du monde, en jouant de la musique sans aucun but, sans aucune motivation, sans aucune finalité. Magie du talent, ce processus de retour à l’essentiel a finalement abouti à un nouvel album qui, à défaut de marquer sa différence avec les précédents (‘Well Enough’), illumine plus que jamais ce qui caractérise son registre depuis toujours: la douceur et la vulnérabilité de sa voix, la beauté de mélodies quasi hypnotiques, et l’émotion qui se dégage de la rencontre des deux, comme du fil rouge de cet opus qu’est la relation que lui et sa femme ont entretenu pendant quelques mois avec la mère biologique de leur fille adoptive (‘Josie’s Song’, ‘Sister’).

Bien sûr, à défaut de faire de ‘Lions’ un album moins prévisible, William Fitzsimmons atteint là une profondeur inédite chez lui. On l’entend ainsi pousser plus loin ses mélodies (‘Brandon’, ‘Fortune’), soigner le relief du disque en abattant la carte d’une diversité qu’il obtient en interprétant seul à la guitare (‘Well Enough’), en s’offrant quelques discrets arrangements (‘Hold On’), en s’entourant d’un piano et/ou de cordes (‘Josie’s Song’, ‘Blood/Chest’, ‘Centralia’), en poussant même jusqu’à une instrumentation complète (‘Took’, ‘Fortune’, ‘From You’, ‘Lions’). Mais quel que soit le contexte, ce songwriter aussi mystérieux que charismatique conserve cette délicatesse qui le fait rester vrai, cette authenticité qui le place toujours nettement au dessus de la meute. Encore un joli moment à passer…

‘Josie’s Song’, ‘Brandon’, ‘Fortune’, ‘Centralia’, ‘From You’

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