Wild Raccoon – ‘Half Pine Cone’

Album / Howlin Banana / 10.06.2016
Garage rock

Depuis des millénaires, le raton laveur, petit animal à la face masquée, peuple les immenses territoires du continent américain et, plus récemment, une partie de l’Europe et de l’Asie. Ce maraudeur, vif et intelligent, furète à longueur de nuit aux abords de l’eau pour chasser ses proies avec une habileté étonnante.‘ Ou la vie sauvage, rapportée selon l’encyclopédie Larousse. Or, ce que cette définition oublie, c’est qu’on aurait déniché un autre spécimen du côté de Lille. Certains spécialistes parlent d’une espèce solitaire, rare et indomptée qui, pour avoir une chance de localiser l’animal, nécessiterait de garder le silence et tendre l’oreille : si vous entendez des échos fuzz se répercuter sur les cimes des massifs forestiers de la région, c’est bon, le Wild Raccoon est à vous !

Sauvage et fuzz… Il n’en fallait pas davantage pour qu’il intègre le catalogue de Howlin Banana, rejoignant les rangs d’un label qui compte entre autres belles valeurs Mountain Bike, Volage et Kaviar Special; gage de qualité pour tout amateur d’un garage pop made in France mais proche du son west coast cher à des maisons comme Castle Face Records et In The Red. Ligne DIY suivie à la lettre, Wild Raccoon applique les préceptes du genre avec efficacité et détermination. Le résultat est dense, superposition faite maison qui se ferait digne héritière des compositions récentes d’un certain Ty Segall dont témoigne le spectaculaire enchaînement ‘Hitch-Hike Syndrom’, ‘Wood Ghosts’ et ‘Corn Cob’. Voix réverbérée et guitare décuplée, l’on a ici affaire à la rôde la plus enthousiasmante de toute l’histoire de nos bottes en caoutchouc.

Alors oui, le charme de l’enregistrement brouillon a des limites que nos oreilles connaissent bien, mais la louable diversité de registres et de tonalités qui se jouent sur cet ‘Half Pine Cone’ rend cette abondante nature bien rythmée et agréable à parcourir pour une virée un peu rigolote d’explorateurs en herbe. ‘Hootchenoo’ fait balancer du museau quand la reprise de ‘How Do You Feel’ du Jefferson Airplane période ‘Grace Slick’ fait frémir les moustaches émues de ces petits compagnons. Garage poilu, rock touffu, le raton a du chien. Réussir à faire la fête parmi les pommes de pin, quand même, ça envoie du petit-bois !

‘Wood Ghosts’, ‘Oh, Well, Okay’, ‘Hootchenoo’

À lire ou écouter également:

,

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire