Wild Nothing – « Nocturne »

wild180Album
(Captured Tracks)
27/08/2012

C’est assurément l’année de la conquête pour Captured Tracks tant le label de Brooklyn n’a cessé de briller de mille feux ces derniers mois avec Chris Cohen, Holograms, DIIV, The Soft Moon ou Heavenly Beat. Peu d’autres structures peuvent se targuer d’avoir eu à ce point le nez creux. On peut désormais aussi compter sur Wild Nothing pour prolonger notre songe d’une nuit d’été. De retour après les excellents « Gemini », « Golden Haze » et son single « Nowhere », Jack Tatum et son groupe dévoilent « Nocturne », nouvelle session essentiellement pop et fiévreuse.

Si le premier fut conçu dans l’anonymat, cet album l’a clairement été avec la conscience de l’attente de nombreux fans. De fait, le songwriter s’est davantage attelé à sa composition, en façonnant parcimonieusement ses douces harmonies, ses orchestrations de clavier, et ses voix habitées. Alors que Tatum explorait encore jadis sa voie d’auteur, « Nocturne » semble être le résultat de ses longues recherches tant il nous plonge pleinement dans sa fascination pour les années 80, déjà évoquées auparavant. De cette décennie, parfois encore injustement raillée par nos contemporains, le compositeur puise son goût pour les mélopées lancinantes.

En résulte un disque poignant, tubesque dès son commencement (« Shadow », « Midnight Song », « Only Heather ») et onirique (« This Chain Won’t Break », « Disappear Always », « The Blue Dress »); néanmoins, Wild Nothing assume également un petit penchant pour les mièvreries kitschs qui dérouteront les oreilles les moins sensibles. Avec des accents proches des Smiths (« Nocturne ») ou de l’eau de rose fièrement revendiquée (« Through The Grass », « Paradise »), le groupe se fait une joie de tomber dans la candeur. À sa décharge, il réussit parfaitement sa sortie avec la conclusion « Rheya », perle pop d’une subtilité rare.

Sauvage, Wild Nothing l’est à l’ancienne, à la manière presque virginale d’un Chris Isaak toujours très coquet. Et c’est  bien ce soupçon d’obsolescence qui donne tout son charme à la formation de Virginie.

itunes26

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