Whitenoise – ‘Nomoredystopias’

Album / Black Canyon / 17.09.2013
Electro hip hop bruitiste

Engagé comme pas deux, toujours là pour revendiquer, critiquer, pointer du doigt les travers de notre société, Sole n’est jamais avares de bons mots. C’est d’ailleurs sur ce point qu’il a largement mis l’accent au cours des derniers albums qu’il a sorti, au point de parfois relayer au second plan l’importance de productions efficaces pour les accompagner. Alors, quand on nous présente Whitenoise comme un nouveau projet instrumental en gestation depuis des lustres, comme une suite du « Poly.Sci.187 » de Mansbestfriend (2007) qui était alors bien loin de remporter tous les suffrages, on flippe. C’était finalement sous estimer le Mc/producteur dont on croyait connaitre définitivement toutes les coutures.

Énième pirouette, et nouvelle démonstration que son talent ne s’arrête pas à son flow et son regard éclairé sur le monde dans lequel on vit. Accompagné de sa femme au clavier, armé d’un huit pistes, de beats ponctuant des ambiances variées qui n’hésitent pas à s’éloigner du hip hop, habité par la volonté de prouver que le réveil des consciences ne se fait pas seulement par la parole, ici Sole se tait, sans pouvoir s’empêcher d’affubler à cet album – uniquement disponible aux formats digital et cassette – une thématique sombre comme il les aime, et comme elles s’imposent habituellement à lui. En guerre contre les craintes réelles et imaginaires qui gangrènent la société, il aligne donc une quinzaine d’instrumentaux plutôt inspirés (« The Game »), souvent oppressants tant ils sont dissonants (« No More Dystopias », « Harsh Realm »), qui parviennent toujours à faire passer leur message via quelques roublardises, qu’il s’agisse d’incursions vocales (« Robot Factory ») ou de samples parfois grossiers mais généralement efficaces (de Robocop aux Communards sur « Tough Love »). Ainsi, à l’image de « Fallujah » coincé entre rythmique dance et samples moyen orientaux pour critiquer la relation entretenue par les USA avec le Moyen Orient, tout a toujours sa signification. Illustration jusqu’aux titres des morceaux (« Sunset Over a BP Pil Spill », « Military Entertainment Complex ») qui finissent d’assurer que le rouquin pense si fort ici qu’on l’entendrait presque à haute voix. C’était le but. But atteint.

« Tough Love », « The Game », « Fallujah »

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