White Hills – « White Hills »

white180Album
(Thrill Jockey)
01/02/2010

White Hills constituait, me concernant, un saut dans l’inconnu. Aucune connaissance antérieure de ce groupe qui, visiblement, se résumait à un one-man band constitué de Dave W., avant l’arrivée du bassiste Ego Sensation et Kid Millions, le batteur de Oneida. La patte Oneida se fait d’ailleurs clairement sentir tant les vapeurs sulfureuses, tourments psychiques et autres hallucinations auditives émaillent les compositions torturées de cet album d’une rare homogénéité, de ce bloc massif tiraillé par les distorsions omniprésentes accompagnant la rythmique répétitive portée par une batterie qui tire clairement son épingle du jeu. Le jeu de Kid Millions, toujours imprévisible et incisif,  rappelle certains plans de Zach Hill dans Goon Moon, et s’adapte parfaitement aux lignes d’Ego Sensation. On en sait plus vraiment de quel côté lorgne White Hills: le chant est tantôt enlevé, tantôt rageur, certains instrumentaux poussent vers le post-rock ou le space rock quand la section rythmique nous ramène vers le stoner et le rock psyché. L’ensemble pousse parfois la lenteur à un paroxysme assez déconcertant, à tel point que la présence de morceaux comme « Dead », « Three Quarters » ou la pièce centrale de l’édifice, « Let The Right On It », est ainsi salvatrice. Ainsi, cet album éponyme est franchement réjouissant. Difficile de savoir s’il s’agit du quatrième ou cinquième album, la discographie de White Hills étant assez mystérieuse, et la réputation souterraine du groupe assez suffisante pour propager des rumeurs d’éventuels inédits ou maxis oubliés. En ratissant large, White Hills a ainsi de quoi allécher la curiosité, et réjouir les fans des Stooges comme les inconditionnels de Black Sabbath, en passant par ceux des Melvins, Kyuss et Earth. Ce disque salutaire, à la fois vénéneux, anxiogène et harangueur, a de bon qu’il sent vraiment l’intensité du groupe qui préfère envoyer du décibel dans l’obscurité sans se soucier du business.

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