White Denim – « Fits »

white180Album
(Full Time Hobby)
21/06/2009

Bien que compilation de maxis, agrémentée de quelques inédits et à la production laissant parfois à désirer, « Workout Holiday », premier disque de White Denim sorti il y a tout juste un an, fut cité par de nombreux médias, comme par les fins limiers du rock, comme une des meilleures références de l’année 2008. Après un tel début en fanfare, le groupe avait donc une certaine pression sur les épaules au moment de s’atteler à « Fits », une deuxième salve forcément très attendue. Et pour cause, on attendait cette fois ci une oeuvre totalement cohérente de la part des Texans, sans que ceux-ci n’entachent l’inspiration débordante qui avait déjà fait ses preuves. Bingo, le trio n’a strictement rien perdu de sa superbe, conjugue toujours les multiples influences qui lui passent par la tête, qu’elles soient funk, pop, jazz ou punk, sans jamais finir par sonner ainsi. Et ne parlons pas des richesses de chacun des musiciens, ici pleinement exploitées sans tourner à la performance, de « Sex Prayer » sur lequel le bassiste Steve Terebecki semble prendre un pied monstrueux, aux déluges rythmiques de « Radio Milk How Can You Stand It », « Say What You Want », et l’hispanisant « El Hard Attack DCWYW ». Et quand tout le monde contribue à part égale, White Denim accouche le plus naturellement du monde de titres de la trempe de « I Start To Run », slalomant avec brio entre garage et post punk, à la fois accessible et totalement imprévisible. C’est là toute la force du combo, capable de trancher un morceau rock façon Led Zeppelin par un break jazz-funk totalement inattendu (« Everybody Somebody »). Un exemple parmi d’autres. C’est comme ça chez White Denim, on ne s’impose ni se refuse rien, on jongle avec les styles musicaux tout en avançant en terrain friable (la country mouvante de « Paint Yourself », la pop intemporelle de « Regina Holding Hands ») et, de ce fait, un morceau ne finit pas toujours comme il a commencé. Pris dans le jeu, on ne peut alors que se laisser aller à l’aventure, naviguer à vue pour le meilleur et pour le pire. Heureusement, White Denim est de ce genre de petits génies pas toujours faciles à suivre, mais réservant toujours de bonnes surprises. Et comme souvent dans les expériences mémorables, le tout est de faire le premier pas, de se jeter à l’eau. Sans bouée.

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