Weezer – « Raditude »

Weezer – « Raditude »

weez180Album
(Geffen)
02/11/2009
Power pop décadente

Recherche Weezer désespérément. Celui qui, depuis maintenant quinze ans, est devenu peu à peu un mythe de la power pop teenage, malgré les aléas imposés par l’esprit quelque peu complexe de son leader Rivers Cuomo. Temps d’attente irréguliers entre chaque album, annonces de séparation puis de reformation, orientations musicales soi-disant nouvelles… Weezer aura provoqué nombre de pics émotionnels chez ses plus grands fans, de moins en moins nombreux et éreintés par ces multiples rebondissements. Sans compter, il faut l’avouer, sur un capital confiance effrité d’album en album. Suite logique pour « Raditude », la bande de Cuomo se décapite toute seule.

Les couleurs désormais abandonnées, Weezer arbore un teint malheureusement bien pâle et semble avoir eut un mal de chien à pondre son disque le plus pathétique. Emmêlé dans ses câbles, le cerveau grillé par les ondes FM, ce groupe incontournable des années 90 ne sait désormais plus à quoi se rattacher pour exister, et le rappelle ici malheureusement à chacun des morceaux. Pourtant, s’il l’avait vraiment souhaité, il est certain que Cuomo aurait encore pu écrire une des plus belles lignes de sa discographie. En attestent les quelques tubes esseulés rappelant un passé pas si lointain (« If You’re Wondering If I Want You To I Want You To », « Put Me Back Together » composé avec l’aide de The All American Rejects, « Let It All Hang Out » aux lyrics piqués à Jermaine Dupri, « Get Me Some » malgré ses relents hard FM), tous rescapés d’un véritable naufrage. Car, de manière totalement incompréhensible, Weezer ébrèche la cohérence du disque par quelques « essais » de production qu’on aurait jamais voulu voir sortir du studio (les synthés de « I’m Your Daddy »), d’autres titres totalement insignifiants à la limite du manque d’inspiration (« The Girl Got Hot », « In The Mall », « Turn Me Round », « The Prettiest Girl In The Whole Wide World »), et quelques mièvreries destinés aux gamines du grand public (« I Don’t Want To Let You Go », « Run Over By a Truck »).

Mais, comble pour un tel monument musical, le groupe s’est même permis de toucher lourdement le fond. Pour preuves, sa pop de séries B (« The Underdogs »), son aparté oriental sans fondement (« Love Is The Answer »), et l’utilisation de l’autotune (l’immondissime « Can’t Stop Partying » avec Lil Wayne), travers incarnant pourtant à lui seul tout le mal de la musique actuelle. Weezer trébuche, se ramasse, se casse les dents, et devient avec « Raditude » le Ronald MacDonald, le fast food chimique de la musique actuelle. Un disque a rarement été réduit à une aussi pauvre rondelle de plastique.

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