Weezer – ‘Everything Will Be Alright In The End’

Album / Mercury / 06.10.2014
Atterrissage d’urgence réussi

Weezer, c’est un peu devenu le repas du dimanche midi chez la grand mère tenace: on y va par politesse, pour faire plaisir, en sachant à quoi s’attendre, en espérant presque que ça cesse un jour. Planqué derrière le titre ‘Everything Will Be Alright In The End’, son dernier album tente néanmoins de se montrer rassurant, tandis que le groupe a su savamment entretenir l’espoir en s’octroyant plus de temps que jamais pour le composer, en enrôlant de nouveau Ric Ocasek à la production, et surtout en annonçant renouer avec ce qui avait fait l’énorme succès de ses deux premiers albums, les meilleurs sans contestation possible.

Fidèle à son approche originelle, et à défaut de sonner une véritable révolution, le groupe s’est donc débarrassé ici de toute autre ambition que celle d’écrire un disque à la durée de vie conséquente. Prévisible en effet, ‘Everything Will Be Alright In The End’ ne soufflera personne par son originalité, surtout pas les vieux fans qui, parce que souvent déçus et définitivement passés à l’âge adulte, ne feront désormais plus marche arrière pour recoller à la cause Weezer. Les mordus, en revanche, trouveront sans aucun doute dans ces treize titres une justification à leur pugnacité de toujours.

Alors qu’on voit poindre la quarantaine avec frayeur tout en conservant un point de vue le plus objectif possible le concernant, Weezer nous laisse ainsi, en médiateur. Si, malgré ce qu’il clame depuis des semaines, le groupe se rapproche seulement ici de ce qu’il fut au milieu des années 90 (‘Lonely Girl’, ‘Foolish Father’), que certains titres laissent au mieux fortement dubitatifs (‘Back To The Shack’, ‘Go Away’ feat Bethany Cosentino de Best Coast), au pire indifférents (‘I’ve Had It Up To Here’ malgré un refrain qui tente de limiter la casse, la trilogie douteuse en guise de clôture), il faut néanmoins reconnaître que cette nouvelle salve est ce que le combo a signé de mieux depuis ‘Maladroit’.

Avec elle, à entendre Weezer de nouveau frappé par la foudre de l’inspiration, ce sont donc douze ans de calvaire seulement ponctués de quelques coups d’éclat qui disparaissent presque par magie. Rivers Cuomo retrouve un peu de sa voix, les guitares ressortent enfin quelques soli bien aiguisés (‘Eulogy For a Rock Band’, ‘Lonely Girl’) quand, plus généralement, les mélodies s’imprègnent immédiatement dans les esprits (‘Cleopatra’ et ses entournures glam, ‘Foolish Father’). Celles-ci, souvent redoutables, aussi simples que singulières, sortent tout droit du moule power pop confectionné par le groupe il y a maintenant vingt ans, le même que personne n’a jusqu’ici osé plagier. Et ça, pour les irréductibles, ça signifie encore beaucoup.

‘Eulogy For a Rock Band’, ‘Lonely Girl’, ‘Cleopatra’, ‘Foolish Father’

À lire ou écouter également:

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire