We Only Said – « We Only Said »

we180Album
(Range Ta Chambre)
09/11/2009
Indie – post rock

Il faut parfois très peu de temps pour savoir à qui l’on a affaire. Dans la rue, un regard peut remplacer une analyse. En musique, l’écoute de quelques notes pourrait tout aussi bien faire office de chronique. Seulement voilà, ce premier album de We Only Said ne croisera peut-être pas si facilement votre chemin, d’où l’utilité que quelqu’un vous invite à forcer le destin. Amateurs de ces groupes dont on aimait encore acquérir les vinyls durant les années 90, c’est à vous que je m’adresse. Il ne fait pas de doute que vous partagez avec Florian Marzano, initiateur de ce qui s’appelait à l’origine I Only Said, les mêmes goûts musicaux. Comme lui, vous avez forgé votre culture à grands coups de post rock et de rock indé nord américain, ceux de groupes comme Tortoise, Three Mile Pilot, June Of 44, ou même Purr pour se rapprocher un peu plus de chez nous. Comme vous, il a tout retenu. Comme nous, vous saurez donc que ce qui est devenu We Only Said sait finalement de quoi il parle.

Désormais entouré de musiciens empruntés à Moujik, Montgomery, ou Dominique A, tous capturés dans son appartement rennais, celui qui se produit également aux côtés de Laetitia Sheriff (Trunks) ou Olivier Mellano aura finalement cédé au collectif, et bien lui en aura pris. Car ces dix titres bluffent par leur maturité, par toutes ces petites choses qu’on y découvre à chaque fois qu’on y revient (« Go Rotten »). Textes écrits par Nathalie Burel, mastering confié à Bob Weston (Shellac), We Only Said aura tout fignolé jusque dans les moindres détails pour réussir une entrée fracassante, à peine assombrie par un relief dont on remarque parfois l’absence, et quelques faiblesses vocales que certains pourraient justement raccrocher à la personnalité musicale (« I Discover The Murder », « Killjoy »).

Rien de grave d’autant que le groupe possède beaucoup d’autres atouts pour faire basculer la balance du bon côté: une énergie sous-jacente, cette capacité à planter un décor, à imposer une ambiance pleine de tension qui fait toute la cohérence du disque au risque de parfois peser trop lourd, et qui vous balance doucement au rythme de sa mélancolie (« Our Monochrome Life », « Your Drab Eyes »). Aussi, ces guitares parfaitement complémentaires (« Cheerful Girl »), le groove d’une rythmique chaleureuse et biberonnée aux ainés, une liberté de composition et d’arrangement intelligemment gérée… Ce premier album laisse donc entrevoir, sinon la lumière, une belle marge de progression qui saura ravir les amateurs de musique riche, humble et triste. Peut-être juste un syndrome régional…

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