Watter – ‘This World’

Album / Temporary Residence / 26.05.2014
Post rock marin

Vous avez désespérément besoin d’air frais mais vous ne pourrez pas prendre de vacances à la mer cet été, vous hésitez donc entre la cure de lithium et l’immolation? Tout n’est peut-être pas perdu. Choisissez un endroit venteux présentant un léger roulis (une rame de la ligne 14 du métro parisien fera parfaitement l’affaire), fermez les yeux, lancez ‘This World’ en poussant un peu le volume. Là, vous y êtes… Vous la sentez, cette brise marine? Et le ressac?

Ceux qui se précipiteront sur ce premier album de Watter, alléchés par le name-dropping de rigueur (‘avec un ancien de Slint dedans!’), en seront pour leurs frais. Ici, peu de nervosité, et si les guitares saturées ne sont pas rares, leurs aspérités sont noyées dans la réverb. Les  sons électroniques se taillent la part du lion (de mer, forcément), mais bien plus pour favoriser l’immersion que pour échauffer les dancefloors. Quelques sonorités orientales complètent cet édifice dont les fondations, bien que sous-marines, sont solides. Entre dérive sur une mer tantôt amicale (‘Lord I Want More’, ‘Bloody Monday’), tantôt menaçante (‘Seawater’, ou la réverbération d’un soleil de plomb sur le clapot d’un fleuve du Moyen-Orient), invitant parfois à la conquête (‘Small Business’), rêvasserie échouée sur les rochers (la fin de ‘Small Business’) ou survol du littoral (‘Rustic Fog’), les six titres (dont deux dépassent allègrement les 10 minutes) de ‘This World’ ouvrent d’habiles voies d’eau dans la coque fatiguée du post-rock. Envoûtant; finalement l’été ne sera pas si long.

‘Seawater’

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