Warehouse – « Escape Plan Foiled »

Escape Plan Foiled[Album]
17/03/2008
(Darenne/Pias)

La scène rock française, quand elle ne tombe pas dans ses travers festifs ou franchouillards, a toujours été un (pâle) reflet de son homologue américaine, surfant volontiers sur la moindre vague déboulée d’outre Atlantique. Ce fut par exemple le cas du punk mélodique et de l’émo qui auront fait nombre d’émules dans nos contrées. Pourtant, le constat est différent quand on aborde une culture rock plus pointue, plus indie, plus typiquement américaine, celle largement défendue par les scènes de Chicago (Touch & Go et Shellac) et Washington DC (Dischord et Fugazi), peut être trop atypiques, complexes et respectables pour qu’on s’y attaque avec la certitude de ne pas tomber dans le plagiat

Ces dernières années, seuls les parisiens de Warehouse (99 Project par le passé) y seront parvenus, portés par la solide personnalité musicale de David Alderman, guitariste/chanteur d’origine galloise (entendu sur le dernier album de Zenzile) qui ne manque pas de dégueuler toute sa culture rock dés qu’il en a l’occasion. Ce fut déjà le cas sur un premier « Social Leper’s Club » qui n’aura cueilli que des avis unanimes. Tout comme sur « Escape Plan« , un récent maxi annonçant, sans que ce soit véritablement une surprise, un deuxième album encore plus inspiré que son prédécesseur, et logiquement signé chez Darenne, label du producteur du même nom, autrefois second de Steve Albini à Chicago. Comme un premier signe qui ne trompe pas

Pourtant, bien conscient des pièges dans lesquels ne pas tomber tout au long de ces onze nouveaux titres, Warehouse ne fait qu’emprunter à ses aînés un son de guitare rêche et incisif, amplifié désormais par l’arrivée d’un second guitariste. Le reste, à l’image du chant, est en tout point personnel, parvient à faire la différence en multipliant les intensités (« Exit » vous prend à la gorge), les ambiances (comme en atteste « Teenage Fuck Up », reprise surprenante de Really Red empruntant le groove de The Ex), les écarts d’arrangement bien sentis (le piano de « The Reluctant Kamikaze », le banjo de « Bathroom Man »), et donne ainsi naissance à quelques titres dont on ne connaît pas encore d’équivalent dans nos contrées

En sont les versatiles « Parasite », « Cassette Complication Superstar » et « Chargehand », un « We Free Kings » à la fois léger et tordu, ou le délicieusement mélodique « Catchee Monkey ». Et bien que tous aient, sur les épaules, un héritage pourtant lourd à porter, Warehouse possède cette carrure et les épaules assez larges pour ne pas crouler sous la pression de futures comparaisons élogieuses. D’autant plus que, malgré leur humble discrétion, les parisiens ne les auront pas volées..

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