Wand – ‘Plum’

Wand – ‘Plum’

Album / Drag City / 22.09.2017
Rock


Deux ans. Deux ans que Wand n’avait plus donné de signe de vie : une éternité dans l’espace temps de la scène psyché-garage californienne, surtout lorsqu’on a sorti la bagatelle de trois albums lors de sa première année d’existence. Il faut dire, le groupe a beaucoup tourné, et s’est étoffé en accueillant deux nouveaux membres, Robbie Cody à la guitare et Sofia Arregin au clavier. Il s’est aussi démocratisé puisque Cory Hanson – auteur d’un disque solo à l’automne dernier – n’est plus à l’origine de tout, et l’élaboration de ‘Plum’, quatrième du nom, serait plus collégiale.

Dès le précédent ‘1000 Days‘, Wand avait commencé à explorer d’autres sentiers, et désépaissir la couche de fuzz sous laquelle il avait noyé un indéniable talent pop pour quelques pépites psychédéliques. S’il excellait dans le style à l’instar des Meatbodies, il n’était pas question pour le groupe de tomber dans la facilité et de le répéter à l’infini, aussi délicieux qu’il fut. Après une introduction tout à fait dispensable (une minute de larsen), les premières notes audibles de ‘Plum’ pourraient être celles de ‘The Fool on the Hill’ des Beatles, et ce n’est pas un hasard. Des sonorités plus propres, des compositions mises à nu font ressortir toute l’application et la délicatesse dont elles ont fait l’objet. Une certaine fragilité, voire préciosité, ressort également de la voix de Cory Hanson, elle qui est régulièrement doublée par la douceur de Sofia Arregin. C’est dans ces conditions que ‘Bee Karma’ s’électrise peu à peu, montant joliment en intensité. Puis le générale De Gaulle,  qu’on n’attendait pas ici, vient donner son nom à un morceau plus plat que ses discours. Ici, le disque prend différentes directions sans jamais s’engager franchement. S’il convient de saluer ‘White Cat’ pour son efficacité, ‘The Trap’ tombe dans une mélancolie americana sans vraiment de profondeur, et le paisible ‘Blue Cloud’ finit par se perdre dans un long jam psychotique. Et c’est une deuxième longue pièce de 7 minutes qui vient clore le disque, alors que le groupe tente le slow qui tourne à la bravoure. Mais du chant mièvre au solo de guitare pompeux, l’échec est cuisant.

On ne peut plus cacher que le retour de Wand est décevant. On connaît le talent des protagonistes, et qu’ils n’aient pas envie de décliner ‘Ganglion Reef‘ à l’infini peut se comprendre, bien que les fans s’en contenteraient sûrement. Mais se diversifier sans se disperser n’est pas chose aisée, et là, une dose non négligeable d’intensité et de cohérence a malheureusement été laissée en route.

VIDEO

A ECOUTER EN PRIORITE
‘Bee Karma’, ‘White Cat’

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