Vuneny – « Whatever Singularity »

vune180Album
(Jarring Effects)
09/03/2009

L’axe Lyon-Mostar ne date pas d’aujourd’hui, plutôt de 2001 quand Jarring Effects sortait la compilation «How Do You Sleep?» en soutien à des associations culturelles bosniaques devant alors faire face à la guerre. La toile tissée entre les deux villes ne s’est, depuis, jamais désagrégée, preuve en est l’intégration de Vuneny au catalogue, parmi les High Tone et consorts. Né en 2003 lors d’un festival de court métrage au cours duquel il avait pour mission de mettre en musique «Le Révélateur» (Philippe Garell, 1968), le duo ne s’est plus quitté depuis, laissant libre cours à son inspiration qui l’emmena illico dans des contrées electro-core avant-gardistes, rappelant ici ou là les rythmiques comme les affections noisy de Nine Inch Nails ou Ez3kiel («Intro/Uncertainty Of Signs»). «Whatever Singularity», son troisième album, en est une nouvelle preuve flagrante en alignant onze titres capable à la fois de tabasser quel que soit le tempo, de faire rugir des guitares automates («Define Violence II» feat Eric Adlea de Bastärd), tout en s’octroyant quelques bouffées d’oxygène via de courts breaks aussi délicats que mélancoliques (le xylophone sur «Get Me a Horse», le piano sur «Re: How We Are Connected», le violon sur près de la moitié du tracklisting). Ainsi, à l’exception de «Fate Of Outer Planets», sorte d’oasis de paix en milieu d’album, c’est dans le bruit et la noirceur que le répertoire de Vuneny brille de mille feux («Hold That Thought»). Le bruit des balles y fait place aux beats criminels, l’angoisse du quotidien à une intensité qui prend à la gorge, les cris des victimes aux riffs cinglants. Comme si le proche passé ressurgissait encore un peu dans la musique de Vuneny, sorte d’ultime thérapie avant qu’il ne lui échappe définitivement. Un disque qui ne manquera pas de parler aux plus fidèles adeptes du label.

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