Vismets – « Gürü Voodoo »

vis180Album
(Roy Music)
28/03/2011
Indie rock electro

On peut comprendre que, venant de Belgique, un groupe n’ait pu rester insensibles au rock sulfureux des Soulwax et Ghinzu, deux piliers incontournables qui ont su en deux ou trois albums déposer officiellement une recette musicale insolemment efficace. En dévoilant il y a tout juste un an leur tube « Wasted Party », les Vismets ne pouvaient logiquement pas échapper à la comparaison, faute à une ligne de basse diabolique, et des mélodies capables d’inciter le plus pudique des mélomanes à se désaper.

Sauf qu’ils sont nombreux à s’être déjà planqués derrière un hit sans jamais avoir pris la peine de confirmer. Concernant le combo belge, on commençait d’ailleurs à sérieusement trouver le temps long, à finalement penser que la bande de Dan Klein était peut être morte dans l’oeuf. C’est pourtant là qu’elle accouche enfin de « Gürü Voodoo », un premier album forcément attendu au tournant tant il est censé répondre aux interrogations du public et dissiper ses derniers doutes.

Alors? Le temps de onze titres – dont deux très courts que l’on considèrera comme interludes – les Belges sont-ils parvenus à prendre leurs distances avec leurs envahissants compatriotes? Ont ils su déployer assez de talents pour afficher une cohérente diversité, et égaler l’efficacité d’un premier single qui avait placé la barre bien haute? À la sortie de cette batterie de questions, il faut avouer que les Vismets s’en sortent plutôt bien, même si à aucun moment ils ne parviennent à se débarrasser de l’ombre évidente de Ghinzu, époque « Mirror Mirror » surtout (« Normal Life », « Vultures Of Tronica », « Gürü Voodoo »).

La faute à l’imagerie du groupe d’abord, aussi à cette obscurité ambiante qui recouvre une majorité de titres énergiquement emmenés par d’incessantes effusions de synthé, et des rythmiques généreuses. Du coup, ne reste plus aux Vismets que quelques morceaux de second choix (« Sometimes », les ballades « 1944 Enter The Voodoo » et « Everything But Sound »), quelques refrains efficaces (« Dilemma »), et une poignée de breaks qu’ils auraient du plus approfondir (« She’s a Psycho, She’s a Hippie ») pour tenter d’afficher le brin de personnalité qui manque cruellement à ce « Gürü Voodoo ». Très bon groupe au demeurant, les Belges, s’ils se creusent un peu plus les méninges, peuvent cependant espérer une belle carrière. En 2011, ils sont surtout dépassés par le buzz qui les précède.

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Disponible sur
itunes25

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