Violens – « Amoral »

viol180Album
(Static Recital)
11/10/2010
Synth pop

C’est en 2007, après avoir pondu trois albums au sein du collectif new yorkais Lansing Dreiden, que Jorge Elbrecht met Violens sur pied: une bonne idée qui retiendra tout de suite l’attention des MGMT ou Grizzly Bear avec qui le groupe partagera quelques tournées. Un EP suit logiquement, assez bon pour provoquer un déluge de critiques unanimes et pousser le combo jusqu’en Europe ou certains d’entre vous l’ont peut être croisé, que ce soit lors des Inrocks Indie Club, ou à l’Olympia en première partie de Bat For Lashes. Très attendu par les initiés, malgré qu’une partie de son contenu leur soit déjà connu (« Violent Sensation Descends » notamment, déjà présent sur le Ep), ce premier album « Amoral » tient toutes ses promesses. A la fois chaotique et harmonieux, il dévoile enfin au monde la recette rétro futuriste de Violens: une pop sombre qui n’hésite pas à piocher ses références chez les artistes underground et mainstream des années 80, à user de mélodies totalement addictives, pour finalement prendre des allures bruitistes et psychédéliques. Naissent logiquement de cette approche une multitude de tubes aguicheurs de loin, venimeux de près, mais toujours obsédants. Car si vous tendez la perche à Violens, le groupe la saisit et redouble d’efforts pour l’exploiter au mieux et vous faire intégrer l’idée que, malgré son évidente accessibilité, il évolue bel et bien en marge des conventions. Ainsi, à l’exception de synthés parfois abusivement utilisés (« It Couldn’t Be Perceived », « Until It’s Unlit ») et de quelques « essais » expérimentaux qui plombent un peu sa conclusion (« Trance-Like Turn », « Amoral », « Generational Loss »), « Amoral » débute sur les chapeaux de roue, transformant tout ce que touche Violens en or. Pour preuve, cette enfilade de hits à moitié formatés seulement, de l’ouverture « The Dawn Of Your Hapiness » et sa ligne de basse implacable, au single « Acid Reign » au remarquable refrain que n’auraient pas renié les Klaxons du temps de leur premier album, en passant par l’incontestable efficacité mélodique de « Full Collision ». En rappelant ici ou là aussi bien New Order que Yeasayer ou The Smiths, les New Yorkais ne manquent donc pas d’arguments pour se faire une belle place au soleil. Reste maintenant à soigner la cohérence du répertoire, seul bémol qui nourrit encore aujourd’hui – à raison – les derniers sceptiques.

En écoute


Disponible sur
itunes8

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